Un cri sous l’arche…
… Son cri frénétique résonnait entre les murs de l’ancien bastion d’Artaxoës, il en avait retrouvé le chemin par delà les sphères, sa haine inaltérable l’avait porté hors des Enfers. Il tenait la piste de son bourreau et le temps reprenait enfin commune mesure à ses yeux. Il allait pouvoir enfin se venger, et la venger. Les runes étaient encore là gravées sur l’arche, leur pouvoir tenace, mais quelles étaient déjà les vieilles combinaisons… arh, la mémoire des anciens chants reviendra vite en ce lieu…
BACKGROUND
Il y a bien des années maintenant…
Le Grand Cataclysme avait anéanti les anciennes familles impériales et les survivants se repliaient vers le nord à la recherche d’une terre d’accueil derrière les pas du prophète Al’Akbar. Ils trouvèrent cette terre au delà de la Tuflik et s’installèrent dans ce qui devint plus tard le Califat d’Ekbir. Cela ne se fit toutefois pas sans heurts. Les premiers colons se heurtèrent à un groupe qui s’était déjà installé ici et avait proclamé cette terre comme sienne. Les gens d’Artaxoës avaient en effet bâti ici et les réfugiés réalisèrent bientôt que cette terre ne serait pas gagnée sans que le sang ne soit versé. Un long conflit opposa les deux clans, les réfugiés étaient plus nombreux mais Artaxoës disposait du savoir des anciens temps et ses frontières étaient bien protégées. Les troupes des réfugiés ne parvenaient pas à découvrir le repaire de leurs ennemis, ces derniers semblant deviner leur plans et anticiper leur moindre déplacement, les frappaient sans qu’ils ne puissent leur opposer une force conséquente. Ce n’est que plus tard et avec l’aide des sages qu’ils comprirent pourquoi. Artaxoës avait construit un réseau de tours secrètes et enchantées aux pouvoirs extraordinaires qui leurs permettaient tout d’abord d’être totalement invisibles mais aussi de transporter des soldats d’une tour à l’autre accordant ainsi une mobilité décisive à son armée.
Artaxoës avait une arrière-petite-fille qu’il chérissait plus que tout, Kaléna. C’était une enfant brillante et le pouvoir des anciens coulait dans ses veines. Elle ne pouvait toutefois se résoudre à accepter cette guerre comme une fatalité et exécrait la violence. C’est dans le chant, les anciens poèmes et la musique qu’elle trouvait la paix. Elle se rendait souvent à une cascade dans les bois et après avoir nagé un peu se reposait sur les rives d’un bassin en fredonnant des airs mélancoliques. C’est au cours de l’une de ses excursions dans les bois qu’elle tomba sur un jeune homme, Seleb Kaal. Seleb était un jeune éclaireur des troupes des réfugiés qui avait entendu à plusieurs reprises les chants de Kaléna et s’approchait à portée pour les entendre distinctement mais en prenant toutefois garde de ne pas se montrer… jusqu’à ce jour où enivré par les syllabes de Kaléna, il négligea son camouflage.
Les deux furent très effrayés au début, mais plus curieux encore et ils se retrouvèrent ainsi souvent… nouant une relation passionnée.
Seleb proposa un jour à Kaléna de l’emmener chez lui pour lui faire découvrir son peuple, lui montrer comment il vivait, ce qu’elle fit, découvrant avec intérêt comment vivaient ses ennemis si redoutés.
Cependant, le général en chef des armées d’Ekbir, l’amir Rostam Ashir, voulait en finir au plus vite avec Artaxoës. La fin justifiant les moyens, il décida de saisir l’occasion pour prendre enfin l’avantage sur son puissant ennemi : il décida de profiter de la situation pour prendre Karéna en otage pour obliger Artaxoës à négocier.
Ulcéré, Seleb se révolta secrètement contre cette décision. Il parvint à se faufiler jusqu’à la prison de Karéna et à la libérer non sans avoir assassiné plusieurs gardes. Les deux amants s’enfuirent alors. Sur les conseils de Karéna, ils se réfugièrent dans la tour magique la plus proche, la tour de Talbeyir, dans le but de se transporter à l’autre bout du pays et d’échapper ainsi aux poursuites.
Pendant ce temps-là, Artaxoës avait reçu le message de Rostam Ashir qui lui intimait l’ordre de cesser toute action hostile contre Ekbir et d’accepter des négociations s’il voulait que Karéna lui soit rendue. Fou de rage, il fit appel à des créatures infernales qu’il envoya libérer Karéna avec l’ordre de tuer tout ceux qui se trouveraient avec elle et toute personne qui s’interposerait.
Ce groupe diabolique fut transportée par les tours magiques pour se retrouver sur les arrières de l’ennemi. C’est ainsi que les diables et les deux amants tombèrent nez à nez dans la tour de Talbeyir. Artaxoës ne savait évidemment pas que Karéna avait été libérée et il n’avait pas prévu d’instructions pour les diables en pareil cas. Cet oubli fut la cause de la tragédie. En effet, les diables appliquèrent les termes de leur contrat à la lettre : tuer toute personne trouvée avec Karéna ou qui s’interposerait. Ils attaquèrent donc Seleb et Karéna s’interposa pour le défendre. Seleb et Karéna n’étaient pas de taille devant la puissance terrifiante des créatures envoyées par Artaxoës. Les deux amants furent donc horriblement massacrés. Seleb, coupable du meurtre des gardes, fut damné et les diables emmenèrent son âme en Enfer. Kaléna, de son côté, ne trouva pas le repos. Son fantôme hante encore la tour de Talbeyir…
Mais l’histoire de Seleb ne s’arrêta pas là. Rongé par le chagrin et la frustration puis par la colère et la haine, il s’attira les faveurs de la hiérarchie infernale qui virent en lui un serviteur prometteur. Par la force de sa volonté, alimentée par une colère inextinguible, il se réincarna bientôt en un puissant esprit diabolique.
Longtemps il chercha le moyen de se venger de ses bourreaux comme des siens et de leur dieu ingrat jusqu’au jour où il trouva un passage, le moyen de revenir …
RESUME
Les personnages arrivent à Ekbir par la route commerciale venant de la Velverdyva pour célébrer le festival de Chaudenoce et profiter de toutes les festivités qui y sont associées. Ekbir se tient là de l’autre côté du fleuve.
Rencontre 1 : Le Bac de Daryamazar
Le bac au confluent de la Tuflik et de la Blashikmund ne cesse d’aller et venir, le trafic est important à cette période. C’est sur ce bac que les personnages rencontrent un vieillard en pèlerinage pour Kalat- Kébir. Ce dernier entrevoit les signes d’Istus et voit en eux les héros qui vont pouvoir l’aider à comprendre ses songes. Il leur demande s’il peuvent aider un vieil homme à se rendre à Kalat-Kébir.
Rencontre 2 : La Stèle du Prophète
Pendant la nuit près d’une ancienne stèle du prophète il a de nouveau un songe et voit une tour au milieu d’une grande forêt. Il demande aux aventuriers de bien vouloir l’aider à se rendre jusqu’à Shankor. Les personnages traversent le pays en direction de l’Udgru. Ils ont le loisir d’entendre les rumeurs qui circulent à propos de la forêt. Le Doab et ses vignobles laisseront ensuite place au Mazrashan et ce qui s’en suit jusqu’au village de Talbeyir.
Rencontre 3 : Talbeyir
Le vieil homme mène les personnages jusqu’à un petit village bordant la forêt Udgru. Là, les personnages apprennent qu’on aurait vu d’étranges signes qui ne disent rien de bon dans les environs. Une courte enquête indique que quelque chose est là, dans la forêt.
Rencontre 4 : La Vieille Sorcière
Sur les dires des villageois, une vieille sorcière vit dans la forêt et pourrait sans doute leur en dire davantage, mais gare, on dit que c’est une mangeuse d’enfants et qu’elle boit le sang des voyageurs ! Les personnages vont voir la sorcière qui peut leur confirmer l’existence d’une tour. Il est aussi néanmoins très évident que la sorcière est effectivement une mangeuse d’enfants !
Rencontre 5 : Le Grand Bolet
Si les personnages libèrent l’étrange créature que la sorcière retient prisonnière, elle les mènera auprès des siens. L’homme champignon régnant sur cet étrange société sera reconnaissant et donnera de précieuses informations.
Rencontre 6 : Ruhk’shan
Ruhk’shan un ogre mage a été attiré par la présence d’un mal perceptible dans la tour et il rôde aux alentours en étudiant le phénomène. Il est accompagné d’une bande d’ogres (géants) indisciplinés qui s’en sont pris à un bûcheron du village voisin. Les personnages seront confrontés à la bande, Ruhk’shan possède de précieux documents sur ses observations de la tour.
Rencontre 7 : La Tour
La tour se dresse au milieu d’une étroite clairière, l’endroit est étrange. Les personnages s’introduisant dans la tour pourront rencontrer le fantôme de l’arrièrepetite- fille d’Artaxoës et la source du mal ayant fait apparition ici : l’ancien esprit de Seleb Kaal réincarné en kyton. Les aventuriers en apprendront davantage sur l’histoire d’Artaxoës. Ils trouveront aussi les restes de gardiens de la tour et les preuves du passage des guerriers des tribus qui furent repoussées au nord par la Horde d’Airain il y a un peu moins de trois cents ans.
Rencontre 8 : Par delà l’arche
Seleb Kaal a inscrit des phrases sur les murs de la salle haute. Ces phrases permettent d’activer l’arche et avec les indications découvertes sur la dépouille d’un guerrier paynim le pouvoir de la tour peut être invoqué. Il transporte les aventuriers dans une autre tour au nord dans les terres des Nomades du Tigre. Les personnages seront confrontés aux gardiens laissés derrière eux par les paynims des tribus qui formèrent la Horde implacable puis les Nomades du Tigre il y a longtemps. Ils comprendront alors comment la Horde avait autrefois échappée aux armées du Calife.
Epilogue et Image finale
Les personnages ont maintenant appris le fonctionnement des tours et de précieuses informations sur Artaxoës pour la suite de la série « Arcanes d’un autre temps ».



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