Cités

Fashtri

Fashtri est une grande ville portuaire, puissamment fortifiée, dans le nord du califat, capitale de la province du Dagbakir. Elle dresse ses murailles face à l’océan Dramidj et à la baie de Koyamik, à l’embouchure de la Jugane, qui longe ses murailles du côté nord. De nombreux bateaux y vont et viennent chaque jour.

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La ville se trouve à l’ouest de la forêt d’Udgru et au sud des collines de Yecha. Elle est le siège de la famille royale Yundilla, qui gère toute la province. Cette région, assez peu peuplée, est souvent exposée aux attaques de petites bandes de brigands chakyiks.

Il est d’usage de dire que les terres sauvages commencent à Fashtri. Le Jugane trace une limite naturelle au nord d’Ekbir, et Fashtri en est la porte.

Sommaire

Fiche

Grande ville. Alignement loyal neutre (bon). Population : 10 000 habitants.

Limite financière : 30 000 po. Ressources : 18 500 840 po.

Autorité : sa seigneurie Akram Yundilla, nayib de la province du Dagbakir.

Principales importations : bière, céréales, cuir, fourrures, fruits, sucre.

Principales exportations : bois, minerai, bijoux, meubles, outils, poisson.

Garnison

Fashtri abrite une puissante garnison, la plus imposante force armée du nord. Elle peut contenir les attaques des Nomades-Tigres et lancer des expéditions de représailles.

Les troubles frontaliers avec les nomades du Tigre sont courants, surtout depuis que ceux-ci se sont mis à exploiter les riches filons d’argent et de diamant des collines de Yecha.

Même si les relations restent tendues, Ekbir privilégie la diplomatie, et le commerce avec le nord est de plus en plus florissant. Les heurts se limitent d’ordinaire à des raids de nomades et aux patrouilles d’Ekbir.

La capitainerie

Dans le cadre de la défense d’Ekbir contre les Ataphades, la piraterie et la contrebande, les autorités portuaires contrôlent tous les navires au départ et à l’arrivée, cargaison et passagers.

Le jeton d’embarquement

Afin d’éviter des contrôles de dernier moment qui pourraient retarder le départ d’un navire et lui faire rater la marée, il est d’usage que tous ceux qui souhaitent embarquer viennent s’identifier à la capitainerie pour indiquer leur identité, leur destination et la date probable de leur départ.

L’officier Isfarsalar, ou l’un de ses adjoints, en charge de la capitainerie remet alors aux personnages, contre 1 charge (1 PA), un jeton d’embarquement : une pièce en cuivre numérotée et frappée du sceau de Fashtri.

Ce jeton est consigné. Lors du départ d’un navire, l’officier portuaire donne 1 PA au capitaine en échange des jetons de ses passagers. De cette façon, les capitaines n’ont que des avantages à respecter le système.

L’enregistrement

Lorsque les personnages arrivent, l’adjoint de service prend toutes les informations nécessaires pour remplir son registre et délivrer un jeton d’embarquement. Il peut fournir toutes les explications pratiques quant à l’utilisation de cet objet, notamment qu’ils peuvent le ramener s’ils ne trouvent pas d’embarquement.

Commerce

Fashtri est la plaque tournante des échanges avec les Chakyiks et les peuplades nordiques. Un grand nombre de caravanes y passent chaque jour. Sa fortune vient aussi de la forêt d’Udgru, dont le bois est abattu puis convoyé jusqu’aux chantiers navals d’Ekbir.

La famille Kel’igan était au départ spécialisée dans le négoce des fourrures avec les nomades du Tigre. Son activité s’est étendue à tout ce qui touche aux métaux précieux et aux gemmes prospectées dans les collines de Yecha, ainsi qu’au mithril.

Les quartiers

Le quartier du port

Ouvert sur la baie de Koyamik, le port est divisé en trois zones.

Le port militaire peut accueillir une quinzaine de navires de guerre. Son arsenal est consacré surtout à l’entretien : il n’est pas assez vaste pour produire plus de deux navires dans l’année.

Le port de commerce, au nord, rejoint aussi la Jugane par un accès dans la muraille nord. Les embarcadères et les quais y forment un circuit compliqué de canaux, et la navigation y est difficile.

Le secteur des docks borde ces deux ports jusqu’au sud et les sépare du quartier des pêcheurs.

L’auberge du Soudard repenti est tenue par Loukrok, qui a la réputation d’être un ancien pirate. Plutôt bourru, et méfiant envers ses clients, il fait payer les repas, les chambres ou les bains d’avance, puis sert contre le jeton correspondant. Loukrok est un agent de la Cour des Miracles, et sa cave sert parfois de lieu de recèle.

Le quartier des pêcheurs

Ce petit quartier populaire, au sud-ouest de la cité, accueille les bateaux de pêche. C’est le plus pauvre de tous. Le gros des produits de la mer est vendu sur place, au petit souk. Ce marché au poisson s’est élargi : on y trouve aussi des épices, des aliments qui se cuisinent avec le poisson, et le matériel de pêche.

Une petite chapelle de Procan s’y trouve. Elle est surtout fréquentée par les marins, et c’est l’un des lieux de culte les plus actifs de la ville.

Le grand quartier

La majorité des commerces et des auberges sont dans ce secteur.

La porte Nord est en fait orientée vers l’est. C’est l’une des entrées principales de la cité.

Le grand souk est un enchevêtrement de ruelles, marché permanent de boutiques et d’étals. On y trouve tout ce qui est légal et, en fouillant, quelques articles plus exotiques, pas toujours appréciés des autorités. Les tire-laine y sont d’une rare habileté.

La boutique de Noblish est sur la route de la parade. L’enseigne sculptée, une chandelle sur un bougeoir cuivré, la signale. À l’intérieur, une odeur de renfermé mêlée d’étranges effluves. Le magasin est un fouillis de jarres, de pots, de bols et de bottes d’herbes. Noblish, gobelin, magicien et alchimiste, y est parfaitement intégré. Il fabrique des chandelles aux propriétés magiques. Son familier est un petit chat nommé Macaron.

L’auberge du Pèlerin chauve est une auberge de qualité, sur deux étages. Son propriétaire, Zik’tahim, artiste à ses heures, expose ses œuvres dans la salle principale.

La taverne du Colporteur n’est pas de bonne qualité, mais on s’y rencontre discrètement. Certaines tables sont sous des alcôves. Le propriétaire, gros fumeur de pipe, vend un peu de tabac pour dépanner. Aux heures d’affluence, la fumée cache le voisin.

L’auberge de la Botte usée est tenue par Caroff. Elle se trouve deux rues au-dessus de la place centrale.

Le quartier des dévots

Ce secteur regroupe des zones résidentielles et la majorité des temples.

La porte Sud est l’une des entrées principales de la cité.

Le conclave de la Miséricorde est un édifice sobre, dont la seule particularité est un beau jardin intérieur. Il est dédié à Pelor, à Daoud et à Myhriss. Trois bâtiments proches en dépendent : un orphelinat, une maison des pauvres qui offre des repas aux démunis, et une petite pension pour les veuves et les femmes battues.

La place du Faris défunt est au nord-ouest du quartier, presque à la jonction du grand quartier et du port. Une fois par an, un grand feu de joie y est allumé pour le festival des Faris défunts.

Le pub de Melik est avant tout une taverne. Elle n’a que quatre petites chambres, à louer dans l’arrière-salle, et une grande terrasse, très courue pendant le festival. Les prix y sont alors triplés. Elle est bien placée sur la place centrale. Le Melik de l’enseigne est un cousin de Girad al Melik, capitaine du Kel.

Le faubourg des princes

En grande partie construit sur une colline, ce quartier aisé comprend la demeure de la famille Yundilla et celles de riches familles, dont le manoir des Kunrummi.

Le nom vient de la classe pauvre et ouvrière. Quand les riches firent construire leurs demeures, les ouvriers traitaient souvent les propriétaires de princes, et ce n’était pas un compliment. Le nom est resté. Les familles riches se flattent d’habiter les abords de la colline. Pour les gens modestes, le quartier est souvent un sujet de moquerie.

L’auberge du Soleil est de grand standing et propose des mets raffinés. Son propriétaire, Enetkim, est un ancien faris. Les rumeurs vont bon train sur les raisons de son départ de l’ordre : adultère, disgrâce ou désobéissance.

Hors les murs

Le cimetière est au sud, à l’extérieur des remparts. Une muraille en fait le tour. Un grand portail le sépare de la ville, un autre mène à l’extérieur, au sud-est. Ce cimetière n’est que la face visible : une grande nécropole s’étend en dessous, et fait presque la moitié de la ville.

Deux caravansérails se trouvent hors des murs. Le premier, au sud-est, accueille de jour comme de nuit les voyageurs venus du sud. Le second, sur la rive nord de la Jugane, accueille ceux qui viennent du nord. Beaucoup de Chakyiks, peu désireux d’entrer dans la cité, ne vont pas plus loin. Ce caravansérail a un souk, le marché changeant : d’un jour à l’autre, au gré des arrivées et des départs, on y trouve bétail, fourrures ou denrées, et l’assortiment change très vite.

Seul un bac permet aux voyageurs de traverser la Jugane dans de bonnes conditions. Certains ont de petites embarcations, mais une taxe est due pour traverser aux abords de Fashtri, et elle est moins lourde par le bac. C’est une façon de sécuriser et de contrôler le passage. Rien n’empêche de traverser plus loin, hors de la surveillance des faris qui protègent les environs de la cité.

Histoire

Le comptoir commercial

Période : environ 15 AA à environ 200 AA, de la création d’Ekbir au règne d’Oudmey.

Les premiers occupants bakluni, habitués à un climat clément, n’ont pas été attirés par les territoires septentrionaux. À cette période, la forêt d’Udgru s’étendait plus vers l’ouest qu’aujourd’hui, jusqu’aux rivages du Dramidj, et les tribus elfiques maintenaient une garde féroce sur ces territoires.

L’Udgru et les elfes servaient de bouclier contre les humanoïdes et les autres créatures monstrueuses des contreforts des Yatils, et ont contribué indirectement à protéger le développement de la jeune nation.

Dans ce contexte, une petite enclave portuaire a été établie, à l’initiative du Mouqollad, à l’embouchure de la Jugane. Cette position répondait à plusieurs objectifs commerciaux : le négoce des fourrures avec les elfes de l’Udgru, le dépeçage et le fumage de la baleine rose du Dramidj, le négoce de minéraux avec les nains des Yatils et de l’Udgru.

La population résidente comptait moins d’une centaine de personnes, et une garde du Mouqollad de 20 hommes. S’y ajoutaient les équipages des bateaux de pêche, des orpailleurs, des trappeurs, des nains et des elfes.

Les Grandes Chasses

Période : environ 200 AA à 247 AA, du règne d’Oudmey à l’instauration de la Guilde des Veneurs.

À l’époque dite du Grand Califat, les peuples bakluni ont retrouvé leur fierté. Des héros tels qu’Ozef ou Azourma relancent les valeurs du courage, de l’honneur et de la gloire. Les premiers ordres de faris sont créés, et la marine de guerre d’Ekbir est constituée.

Les nobles d’Ekbir redécouvrent dans le nord un loisir de l’époque impériale : la chasse aux grands fauves. La chasse au lion était réservée à l’élite de l’ancien empire bakluni, mais la plupart des lions ayant disparu des plaines des Paynims après le cataclysme, cette activité avait cessé. En Ekbir, la noblesse reprend la tradition en remplaçant le lion des Paynims par les tigres et les autres grands carnassiers des plaines de la Jugane et des collines de l’Udgru. Ces chasses amenaient à rencontrer toutes sortes de créatures, connues et parfois inconnues, mais la gloire restait la même.

Fashtri devient le point de départ de cette passion. Tout noble de renom se doit de posséder une base dans la ville : une demeure, pas nécessairement vaste, mais luxueusement décorée de bois rares, de fourrures de valeur et de trophées. On y invite les amis de passage, autour d’un foyer, en buvant du vin doux de Tusmit et en racontant ses derniers exploits.

La ville se remplit d’artisans : taxidermistes, menuisiers, spécialistes de la marqueterie, joailliers, orfèvres, forgerons. La population permanente atteint un millier de personnes, mais la garnison du Mouqollad, qui plafonne à une cinquantaine d’hommes, peine à faire respecter l’ordre parmi les nobles et leur entourage.

La Guilde des Veneurs

Période : environ 247 AA à 439 AA, de l’instauration de la Guilde des Veneurs au rattachement de Fashtri au califat.

Les héros d’alors sont les maîtres de chasse, ces hommes qui organisent et guident les expéditions, débusquent les proies les plus rares et assurent la sécurité de leurs seigneurs. Leurs services se monnayaient à prix d’or.

De toutes les familles présentes à Fashtri, la famille Yundilla se distingua très vite par sa passion et les compétences de ses membres. Ils furent épaulés en cela par le plus fameux maître de chasse de l’histoire, Soranen, demi-sang, « le vigilant ». Ce demi-elfe exerça auprès de la famille Yundilla durant près de 120 ans, et fonda la guilde des guides et chasseurs, plus connue sous le nom de guilde des veneurs.

Par Soranen et la guilde, la famille Yundilla a assis son autorité sur Fashtri et les territoires du nord.

Outre l’organisation des chasses, répartition des territoires, espèces à chasser et membres autorisés, la guilde était dotée d’une garde qui assurait la sécurité dans Fashtri, à la place de celle qu’avait financée le Mouqollad, et de plusieurs meutes, des compagnies d’éclaireurs qui parcouraient les plaines du nord afin d’éliminer les principales menaces, humanoïdes et monstres.

La guilde accorde aussi des concessions héréditaires, moyennant une taxation raisonnable, à tout homme libre qui s’engage à construire une résidence permanente dans la plaine de Dagbakir, et à en assurer le développement et l’entretien.

Une cité du califat

Période : 439 AA à 572 AA, du rattachement de Fashtri au califat à la grande déforestation.

Sous l’instigation de la guilde des veneurs, la cité s’est civilisée et, en 439 AA, elle est officiellement rattachée au califat d’Ekbir. Un bey issu de la famille Yundilla est nommé à la tête de la ville.

Forte de ce rattachement, la famille Yundilla peine à développer la ville. À l’ouest se trouve l’océan, au sud et à l’est la forêt d’Udgru, au nord la Jugane, et au-delà des territoires que les meutes de la guilde ont rendus moins hostiles, mais qui demeurent inhospitaliers et faiblement habités.

Vers l’océan, le port de commerce est agrandi, une forme de radoub est creusée et un port militaire est aménagé.

Arbre par arbre, la ville gagne des dizaines, puis des centaines de mètres sur la forêt, mais la tension constante avec les elfes oblige à procéder avec une extrême prudence.

Durant cette période, la population de la ville, comme celle du Dagbakir, s’accroît lentement. À la fin du VIe siècle AA, elle stagne autour de 2 500 habitants.

La politique de concession de la guilde ne porte pas ses fruits. Des candidats sont toujours attirés par ces terres vierges, mais la rigueur du climat et les dangers de l’Udgru et des Yatils font qu’après plusieurs années les titulaires quittent la région, et les concessions reviennent à la guilde.

Les compagnies de la guilde, malgré leur compétence, ne réussissent pas à faire disparaître le sentiment d’insécurité, ni la mauvaise réputation de ce territoire dans les autres régions d’Ekbir.

La Grande Déforestation

Période : 572 AA à 602 AA.

La création de la province du Dagbakir

Période : 602 AA à 738 AA, de la grande déforestation au passage de la Horde Implacable.

La Horde Implacable

Fashtri fut l’une des premières cités à tomber sous les coups du Kha-Khan Ogobanuk. La ville, en grande partie détruite, n’était bientôt plus que ruines. Une compagnie de faris parvint à tuer l’un de ses principaux lieutenants dans une furieuse bataille, à un contre six en faveur des nomades. Les Ekbiriens retrouvèrent leur moral et, au bout de plusieurs mois, repoussèrent la cavalerie au nord.

La ville fut vite reconstruite. Ses fortifications n’ont à rougir d’aucune place forte. Depuis ces jours, un grand carnaval est organisé chaque année pour célébrer les faris morts au combat : le festival des Faris défunts.

Le raid des Nomades-Tigres

En 1000 AA (578 CY), le bey Dompor déclara que les collines de Yecha faisaient partie du royaume d’Ekbir. Dix mille cavaliers chakyiks marchèrent sur Fashtri. Seule la rapide intervention de la cavalerie de l’askar d’Ekbir, une démonstration de force des plus grands mages du Zashassar, et l’exécution du bey Dompor permirent de limiter les pertes et d’éviter la razzia, voire la destruction de la ville. Un accord rétablit ensuite le statu quo territorial.

Depuis, les intérêts commerciaux ont repris le dessus.

Folklore

Chaque année se tient le festival des Faris défunts, ou festival des Chevaliers. C’est un carnaval dédié aux faris tombés sous les coups de la Horde Implacable. Il dure trois jours. À l’issue, après une procession, un mannequin représentant un faris défunt est mené jusqu’au feu de joie de la place du Faris défunt, et y est consumé.

La course d’Aboun Ety a lieu aussi à Fashtri. La dernière édition s’est déroulée en 591 CY.

Guide

Les raisons de venir à Fashtri sont nombreuses : les dangers de la forêt d’Udgru, les richesses des collines de Yecha, les mystères des Yatils, l’exotisme de la ville, la culture elfique ou les traditions des nomades du Tigre, le négoce du bois, la chasse au renard argenté, la pêche à la baleine. Lorsque la mauvaise saison s’approche, ces activités s’arrêtent. À moins de souhaiter y passer plusieurs semaines d’inactivité, il est préférable de repartir vers le sud et son climat plus clément.

Personnalités

Majeures

Mineures

Organisations

Principales

La compagnie marchande Kel’igan est spécialisée dans le commerce des gemmes, des fourrures et du mithril avec les nomades.

Secondaires

La Lame noire est une guilde criminelle chakyik qui opère parfois dans la ville.

Le magasin de chandelles de Noblish est décrit avec le grand quartier.

Rumeurs

La Fraternité des Purs

Des rixes et des passages à tabac ont lieu dans les rues sordides de la cité. Depuis un certain temps, les victimes seraient souvent des non-humains. On parle d’une organisation secrète qui prône la supériorité de la race humaine.

Contrebande

Il est parfois possible de trouver des marchandises illicites. Un réseau de contrebande serait établi dans la cité. On ne sait pas qui est impliqué.

Aventures

Plusieurs aventures se déroulent dans et autour de Fashtri :

Le Festival des Faris Défunts Peuples