Héros

Stilsay de Lenster

Race
Human (Oeridian)
Sexe
Male
Alignement
Lawful Good
Caractéristiques
Force14 Dextérité12 Constitution10 Intelligence10 Sagesse12 Charisme16
Divinité
Heironeous
Classes
Paladin, niveau 1
Niveau
1
Numéro de joueur
829540
heros

Le Leinster est un petit domaine niché au coeur des Shield Lands. C’était aux yeux de l’enfant qui l’habitait un havre de paix où les valeurs de droiture et de justice – dans lesquelles il avait été élevé - était estimées et reconnues. Bien sûr, un enfant voit toujours ses premiers souvenirs avec tendresse et émotion, mais en général il reste de ceux-ci un peu plus que des ruines fumantes.

Leinster n’est plus. Le domaine tutélaire de mon père, et d’avant lui son père et le père de son père n’est plus. Iuz – le Mal Incarné – en a pris possession dans sa conquête du cœur des Flanesses. Et à travers la haine et le désir de vengeance, il a emporté bien plus que mes terres… il a emporté mon nom dans le cœur des miens.

Mon père – Sir Revor de Leinster – était parmi les premiers à élever la voix au Grand Conseil d'Admundfort à propos des rumeurs du retour de l’Ancien. Des conseils avisés qui – s’ils avaient été entendu auraient peut-être pu changer le cours de l’histoire. Mon père était un Paladin, dont le jugement était sans faille aux yeux de ses vassaux. Mais au milieu de tous ses pairs, il n’était pas parvenu à faire triompher la vérité. Les choses avaient ensuite basculé très rapidement : les troupes avait combattu, beaucoup d’hommes sont tombés et les survivants durent faire face à la réalité de leur impuissance et reculer - une chose à peine imaginable pour ceux pour qui les mots d’abnégation et de sacrifice avait plus de sens que pour quiconque. Ils n’avait jamais connu auparavant la défaite du bien face au mal. Je ne pourrais jamais l’oublier, pas plus que ceux qui aujourd’hui sont restés dans les shields lands et résistent non sans espérer reconquérir un jour leur domaine. C’est nourri par ce même espoir que mon père a commis l’irréparable.

Un soir d’hiver, les nouvelles parvinrent que les troupes de Iuz opéraient un déplacement peu commun à la frontière. Persuadé que le froid et la faim obligeaient les troupes orques à délaisser le flanc sud des terres occupés – au sein desquelles se trouvait le Leinster, mon père demanda l’autorisation de mener une rare compagnie de l’armée régulière au sein des lignes ennemies afin d ‘opérer une percée. Tous reconnurent que les informations étaient trop vagues et les ressources de la garnison trop critiques pour mener une telle expédition qu’ils qualifièrent de « pure folie ». Mon père écumait : il pensait que pour la seconde fois, le conseil refusait d’entendre la voix de la raison, que la seule chance pour les Shield Lands de survivre était de lutter sans relâche : mieux valait mourir sur ses terres, que vivre en apatride. Ainsi, le soir même, il se rendit à la commanderie de la capitale et falsifia une lettre de réquisition pour passer outre les ordres du Grand Conseil. Malheureusement, ce soir là, Rhojan, l’un des jeunes paladins siégeant au Conseil était présent et surpris l’acte insensé de mon père. Mon père prit alors une terrible décision : il mit dans la balance la liberté du peuple des shield landers – dont il pensait détenir la clé - et la vie du jeune chevalier. Bientôt, mon père enjambait le corps sans vie de Rhojan et descendait quérir les troupes qu’il avait demandé. Après trois jours de route, la compagnie fut prise en embuscade par les légions de Iuz et de nombreux shield landers trouvèrent la mort dans cette entreprise. Mon père avait eu tort de croire que le Grand Conseil se tromperait deux fois.

Revor de Leinster fut ramené entravé jusqu’au Conseil. Il avait tout perdu : sa dignité, son honneur et son statut de Paladin pour avoir osé désobéir au Grand Conseil et avoir pensé que le meurtre pouvait trouver sa justification dans le Bien. Compte tenu de ses antécédents ainsi que de sa lignée, Revor de Leinster ne fut pas mis à mort, ni même emprisonné mais il fut banni à jamais des Shield Lands.

C’est ainsi que mon père et moi prirent la route de l’ouest, contraints de quitter notre patrie qui nous reniait. Mon père était pleine d’amertume et de colère envers lui-même. A cet époque, il regrettait que le Conseil n’ait pas choisi de l’exécuter afin d’éviter la disgrâce du bannissement. Néanmoins, il était conscient de sa faute, conscient qu’il avait laissé sa soif de vengeance et son orgueil guider ses pas à l’encontre de tous les principes du Paladinat, tous les principes qu’il avait essayé de m’inculquer.

Mon père n’accéda jamais à son ancien statut. Il avait expié et expiait encore chaque jour que Pelor faisait, mais il ne se jugeait plus digne d’appartenir à l’ordre : il devait trouver un autre chemin pour servir Heironeous. Cet autre chemin, c’était le mien. Mon père mit toute son ardeur à me guider sur la voie de la droiture et de la foi, voie dont il s’était jadis écarté. C’est ainsi qu’après avoir errer sur les routes, nous nous installâmes aux abords de l’océan Dramidj au sein du Califat d’Ekbir réputé pour la sagesse de son souverain et l’hospitalité de ses habitants. Rapidement, mon père trouva un emploi en tant qu’armurier – reprenant un art qu’il s’était vu enseigner aux premières heures de son paladinat. Il avait décidé de s’exclure de la vie politique et militaire et de considérer sa foi comme un engagement personnel sur lequel il ne s’étendait guère auprès des ekbirites. Je grandis ainsi – étranger en mon propre pays – aidant mon père à la forge le jour et poursuivant mon étude et mon entraînement à la nuit tombée. Un jour, à l’aube de mes 15 ans, mon père me fit don de son épée et me fis comprendre qu’il était temps que je quitte le foyer et que j’entreprenne les quêtes qu’Heironeous ne tarderait pas à mettre sur mon chemin.

C’est ainsi que depuis deux ans, j’erre sur les routes d’Ekbir, paladin d’un pays lointain dans lequel je n’ai nul droit de cité. Je sais aujourd’hui que si toutes ces épreuves ont frappé ma famille, c’est pour m’endurcir et me donner la force de servir avec toute l’ardeur et la conviction nécessaire, les principes de justice, d’équité et d’honneur qui forgent l’homme que je suis et l’avenir de l’humanité. Puisse mon bras ne jamais faillir à son service.