Lieux notables
Pinacles d'Azor'alq
Sommaire
Situation
Les Pinacles d’Azor’alq sont d’énormes flèches de pierre dans l’océan Dramidj, à quelque 50 lieues du continent, soit 150 milles, dans l’angle entre Ekbir et Zeif. Les récits ne s’accordent pas sur leur nombre : certains en comptent 40, d’autres 100. Elles forment un groupe irrégulier. Aucune n’est à plus de deux milles de sa plus proche voisine.
On les rencontre moins souvent qu’on ne le croirait. Elles sont hors des routes régulières, et un brouillard dense les cache d’ordinaire, souvent même lorsque la mer alentour est dégagée. Peu de gens les ont vues, même de loin, et moins encore reviennent d’une approche de près. Les marins tiennent cette vue pour un mauvais présage. Les plus superstitieux n’en parlent pas, sauf à terre, et encore rarement.
Ces brumes viennent peut-être de la chaleur inhabituelle de l’eau dans leur voisinage immédiat, et du calme particulier qui enveloppe la région. C’est en tout cas ce que croient les capitaines et les marchands. Ils se tiennent à l’écart des bancs de brouillard, même en pleine mer. La plupart des vaisseaux ont des rames, pour s’éloigner vite des endroits où ils risqueraient d’être encalminés.
Histoire
Les Pinacles hantent les légendes baklunies depuis plus de 3 000 ans, depuis l’époque presque mythique de l’Hégire baklunienne. Ils portent le nom d’Azor’alq. On dit qu’il y dort encore, avec ses paladins, les Mille Immortels.
On les a décrits tour à tour comme les anciennes demeures des dieux, les flèches d’une cité titanesque engloutie, les tombes de la Première Dynastie baklunie, ou le lieu de nidification de phénix, de rukhs et des nombreux dragons du Dramidj.
Au temps des guerres entre Baklunis et Suëls, Zuoken s’y rendit. Il y passa les épreuves exigées pour rejoindre les dieux, et devint lui-même un demi-dieu.
On dit que la dernière maison royale de l’Empire bakluni s’y réfugia pour fuir la Dévastation Invoquée. La rumeur place aussi parfois la Coupe et le Talisman d’Al’Akbar dans les Pinacles.
Les flèches
Chaque flèche a peut-être un quart de mille de diamètre à la base, de section circulaire. Elle s’élève en une série régulière de falaises abruptes, à plus de 300 mètres au-dessus de l’eau, et s’enfonce à une profondeur inconnue.
Il est très difficile d’y débarquer. Les replats entre les falaises sont d’ordinaire à plusieurs mètres, souvent à plusieurs dizaines de mètres, au-dessus de la mer. Il faut escalader, et un mouillage aisé est rare.
Le terrain, les brumes, les nombreuses cascades et l’épaisse végétation cachent que les Pinacles ne sont pas naturels. Ils n’ont pas été modelés par la nature : ils sont faits de blocs de pierre titanesques, taillés avec précision. De rares portes mènent à l’intérieur. De larges escaliers y montent et y descendent, dans l’obscurité, où l’on entend le murmure d’ailes invisibles. Nul récit ne dit ce que l’on trouve au bout.
Forêts et oiseaux
Le bas des flèches est couvert de forêts anciennes. Certains conifères y dépassent 60 mètres. Ils se mêlent à des arbres plus petits, dont quelques-uns grimpent le long des falaises, à des lianes, des fougères, des mousses et des fleurs. Au-dessus, une forêt de nuages, noyée de brume, porte des plantes aux feuilles charnues et de rares orchidées. De très anciens dragons ont élevé certaines de ces orchidées et des oiseaux de paradis, assez rares pour être tenus pour des trésors.
Ce royaume silencieux et parfumé s’oppose aux étages d’en haut, où crient des oiseaux de mer : macareux, eiders, albatros, et d’autres moins reconnaissables. Ils tournent en grandes volées au-dessus des flèches, et leurs cris portent sur la mer. Lors des rares journées dégagées, le nuage d’oiseaux signale les Pinacles de loin. Des chauves-souris hantent les portes.
Dragons
Les Pinacles sont surtout connus pour leurs dragons. Des dragons métalliques d’or et d’argent y vivent, dans un sanctuaire du Bien. On y rencontre aussi des dragons féeriques, des pseudo-dragons et des dragons des brumes, depuis de minuscules dragonnets qui filent sous les arbres jusqu’à d’énormes reptiles lovés sur les plus hautes cimes. Des rukhs, des aigles géants et un phénix ou deux partagent les falaises. Les dragons règnent sur ces cieux. Ils prennent poissons et baleines, et vont parfois chercher un repas sur le continent. Ils s’accordent pour préserver l’isolement du lieu. Leur premier souci est le secret : aucune rumeur ne doit se répandre au-delà de ces eaux. Ils échouent ou tuent les intrus, s’ils le peuvent.
L'intérieur
À l’intérieur, les gardiens et les trésors seraient puissants, et peut-être morts-vivants. Les habitants de l’extérieur ne souhaitent pas qu’on les dérange.
Les habitants
Les Pinacles d’Azor’Alq sont l’un des plus puissants sanctuaires du Bien de la Flanesse. Ils abritent des dragons métalliques d’or et d’argent, dont certains sont très anciens, ainsi que d’autres créatures de grand pouvoir.
Depuis les temps les plus reculés, de grands héros s’y rendent pour y passer des épreuves destinées à tester leur vaillance et leur bonté. Des humains et des représentants d’autres races y vivent encore, à l’insu de la plupart des habitants de la Flanesse, hormis les plus instruits.
Ces humains ont une ascendance extraordinaire. Au cours des siècles, des idylles se sont nouées entre les héros venus aux Pinacles et les créatures du Bien qui y vivaient. La plupart des dragons peuvent prendre forme humaine à volonté. Parfois, c’est même leur forme préférée. Des unions eurent lieu entre humains et dragons. Leurs descendants, même après plusieurs générations, conservent des dons extraordinaires hérités de leurs ancêtres draconiques. D’autres habitants comptent dans leur arbre généalogique des anges, des sylphides ou des archons.
Les gardiens
Les humains des Pinacles ne restent pas confinés sur leurs îles. Sous le serment du secret le plus absolu, ils se rendent sur le continent, souvent pour d’importantes missions, parfois pour s’y établir. La place est limitée sur les Pinacles.
En raison des forces maléfiques qui opèrent dans l’océan Dramidj, les Pinacles ont constitué un réseau d’espions et d’agents. Il doit contrecarrer ces forces en secret, ou préparer une action ponctuelle et puissante des créatures les plus redoutables de l’archipel. Ces agents ont recruté discrètement des humains du continent.
L’organisation distingue les observateurs et les protecteurs. Les observateurs recueillent des informations sur les faits et gestes des ennemis. Les protecteurs combattent directement, s’il le faut, pour protéger les Pinacles ou la cause du Bien.
Les observateurs recrutés sur le continent ne sont pas initiés à tous les mystères. Ils ne peuvent se rendre aux Pinacles que sur invitation. Les protecteurs sont mieux informés et ont le droit de s’y rendre en secret. La plupart du temps, les recrues sont choisies parmi les descendants d’habitants des Pinacles venus s’établir sur le continent : comme disent les gardiens, bon sang ne saurait mentir. Les membres de cette organisation manifestent ainsi très souvent des dons venus de lointains ancêtres.
Aujourd’hui, les ennemis principaux sont les Ataphades et leurs alliés sahuagins, ainsi que le culte de Fragorox, voué à des dragons maléfiques. Les gardiens surveillent aussi le Chevalier Noir de l’Udgru et ses armées. Ils craignent qu’il ne s’allie aux Ataphades, et que cette coalition ne prenne le califat en tenailles.