Lieux notables

Tovag Baragu

Sommaire

Les cercles de pierre

Tovag Baragu (« Nombril de la Taerre » en bakluni) est un ensemble de cinq anneaux concentriques, composés d’énormes colonnes lisses faites d’une pierre blanche extrêmement dure. Les colonnes sont parfois cannelées, mais le plus souvent complètement dénuées de traits distinctifs. Elles sont placées dans un large pavement de blocs du même matériau.

Colonnes de Tovag Baragu

La structure entière est circulaire et d’environ 1,5 km de diamètre. Elle est parfaitement plane, bien que le terrain soit incliné vers l’ouest, en direction de l’Udrukankar. À sa limite occidentale, on descend de la plate-forme par une volée de marches larges et basses, qui s’arrête plutôt brusquement, quelques 6 à 9 mètres au-dessus de l’étendue salée. La limite orientale est au niveau du terrain environnant. À l’est, la poussière et la végétation gagnent le bord de la plate-forme, sans empiéter sur sa surface.

Tovag Baragu, au bord de l’étendue salée

La Dévastation invoquée

Plus d’un érudit a remarqué le fait suivant. Alors que la destruction opérée par les sorciers bakluni sur les Sulois a duré le plus longtemps, et persiste aujourd’hui dans la Mer de Cendres, la Dévastation Invoquée que les Sulois lâchèrent les premiers sur les Bakluni a dû être la plus absolue. Même un millier d’années après, on trouve des ruines de cités suëles dans la désolation de la Mer de Cendres, alors que les Steppes Arides, bien plus habitables, ne semblent contenir aucun vestige des cités bakluni.

Une exception notable est Tovag Baragu, connu à l’Est comme les Cercles de Pierre. Cette grande structure se dresse toujours près du lac salé d’Udrukankar, à l’extrémité occidentale de la Flanesse.

Origine

Le transport des colonnes, hautes chacune d’environ 12 mètres, jusqu’à leur site actuel, a dû être un gros travail. Aucune carrière connue ne donne une roche de ce type à moins de 300 kilomètres, et l’origine de la pierre n’est pas connue. Les blocs ont sans doute été transportés sur des barges, si les fleuves qui s’écoulaient autrefois à travers la steppe existaient déjà lorsque Tovag Baragu fut construit.

Tout aussi surprenant, vu le peu de choses qui ont survécu à la Dévastation Invoquée, est l’état intact de Tovag Baragu. Il n’y a pas d’érosion, ni fissure, ni usure, ni même une colonne penchée ou un pavé de travers.

Les tribus locales ne prétendent pas que leurs ancêtres aient pu construire Tovag Baragu. C’est plutôt inhabituel, étant donné la nature des autochtones et les mérites qu’ils prêtent à leurs ancêtres. Les nomades affirmeront par exemple, avec solennité, que les pinacles rocheux au nord du lac Udrukankar étaient jadis un grand phare, construit pour la cité lacustre qui se trouvait là il y a un millénaire. Peut-être ont-ils raison.

Tovag Baragu présente une vague ressemblance avec les ruines fortement érodées que l’on rencontre dans les Jotens et les Cristalbrumes, attribuées à une ancienne civilisation de géants de pierre. En l’absence de preuves, l’origine n’est pas certaine. La plus évidente reste une construction bakluni. Certains érudits précisent cette hypothèse : une magie oubliée, destinée à préserver un savoir, ou à tenir un conduit vers d’autres plans. D’autres murmurent qu’aucune main mortelle ne l’a bâti. Ce serait la relique d’une intelligence préhumaine, une porte vers quelque chose de plus ancien et de plus terrifiant que l’Empire bakluni.

Pèlerinage

Les humains des environs et les centaures nomades tiennent Tovag Baragu pour sacré. De nombreuses tribus des Steppes Arides en font chaque année le but d’un pèlerinage et d’une fête. Ils y commercent, concluent des mariages, et se rassemblent pour une commémoration solennelle de la destruction des Suëls, pendant que leurs prêtres invoquent des malédictions supplémentaires sur cette terre. L’événement dure en tout deux semaines. Une trêve le couvre : ceux qui y assistent, ou qui s’y rendent ou en reviennent, doivent s’abstenir de déclencher des querelles ou des guerres. Eux-mêmes en sont immunisés.

L’établissement le plus proche est une très large communauté de derviches, qui ont juré de protéger le site des étrangers trop curieux. Les tribus d’humains et de centaures des Steppes Arides ont en général un point de vue similaire, peut-être moins radical. Elles font tout leur possible pour décourager les aventuriers de s’approcher. Elles ne servent pas de guides, sauf peut-être certains individus peu scrupuleux.

Pendant la majeure partie du reste de l’année, le site est abandonné. On considère que c’est une malchance de le voir, ne fût-ce qu’à l’horizon. Cela se comprend : certains des phénomènes que l’on y rencontre troublent même un esprit civilisé.

Visions

L’un des effets fréquemment observés par ceux qui errent dans les Cercles est que des objets lointains, vus à travers eux, sont parfois grossis, rendus plus nets, ou autrement altérés. Des modifications similaires peuvent toucher les autres sens. Il est possible d’apprendre ainsi des choses stupéfiantes, comme dans le cas de Célène. Avec de la concentration, il est parfois possible d’affiner la mise au point ou de choisir sa cible.

Il arrive cependant que l’on voie, à travers les colonnes, des choses qui sont presque certainement éloignées dans le temps ou dans les plans, plutôt que dans l’espace. Le plus fréquent est d’apercevoir une grande cité lacustre, généralement de nuit. On voit aussi une plaine verdoyante, grouillante de bêtes étranges, inconnues de cet âge. Plus rarement, on peut voir des régions, ou entendre des bruits venant de régions qui doivent sûrement appartenir à des plans extérieurs.

Passages et climat

Ces visions seraient distrayantes plutôt qu’énervantes si une connexion ne se formait à l’occasion, et si des objets ne pouvaient passer entre Tovag Baragu et l’endroit décrit. Que ce soit par chance ou par malchance, ces ouvertures sont plutôt éphémères. On ne sait pas si l’on peut en forcer une, ou la maintenir. Elles peuvent cependant rendre compte de certaines des créatures inhabituelles de la partie méridionale des Steppes Arides. Certaines ont des formes que les plus savants ne reconnaissent pas.

Les indigènes croient aussi que Tovag Baragu a un effet sur le climat. Ceci est bien établi : les rares étrangers admis à observer les cérémonies annuelles ont pu voir que les prêtres des nomades y appellent vents et pluies bien au-delà de leur pouvoir ordinaire. On ne sait si le site amplifie la magie, ou s’il est lui-même une source de pouvoir ancien et sans direction.

Notes

Tovag Baragu doit être traité comme un artéfact, au sens du Guide du Maître. Ses pouvoirs, et les moments où il s’active, dépendent de phénomènes astronomiques de la Tærre. Chaque anneau est lié à une planète de Grispace et n’opère que lorsque ce monde est visible dans le ciel. Les mondes en cause sont les cinq étoiles errantes du guide de la boîte World of Greyhawk (1983, page 4) : Édill, Gnibile, Conatha, Ginsel et Grila. Elles sont décrites dans la boîte Spelljammer et dans l’extension Greyspace. Les mondes plus petits de Grispace, à l’intérieur du champ d’astéroïdes du Broyeur, l’amas de Borka et le disque Spectre, ne sont visibles depuis la Tærre qu’avec un petit télescope, des yeux d’aigle ou un instrument du même ordre.

Les actions de ceux qui se trouvent dans les anneaux à ces moments peuvent affecter l’issue. Les personnages ne doivent pas pouvoir apprendre tout ce qu’il faut pour un contrôle exact de l’artéfact. La connexion la plus fréquente donne sur un milieu pléistocène, dans un passé reculé de la Tærre. Que la cité lacustre vue dans un autre milieu soit le passé, un monde parallèle ou le futur dépend du meneur. De nombreux détails se trouvent dans le module Vecna Lives ! Voyager vers d’autres mondes de Grispace, ou vers le passé et le futur de la Tærre, pourrait être possible. L’extension Chronomancer traite des voyages temporels. Les personnages peuvent rassembler des faits qui leur donnent l’impression que Tovag Baragu maintient l’état actuel de la Mer de Cendres. Ils ne devraient pas pouvoir y faire quoi que ce soit avant d’atteindre des niveaux extrêmement élevés, et encore.

Si la campagne inclut la Coupe et le Talisman d’Al’Akbar, décrits dans le Livre des artéfacts et dans les volumes de l’Encyclopedia Magica, un certain nombre d’interactions peuvent être prévues avec Tovag Baragu. Les Pinacles d’Azor’alq en parlent aussi.