Ekbir
Religion
Sommaire
- La théogonie
- Les dieux des Paynims
- Les divinités médiatrices
- Les saints médiateurs
- Les textes sacrés
- Le culte d’Al’Akbar
- Le clergé séculier
- Les confréries religieuses
- Domaines et armes
- Symbolisme et liturgie
- Architecture sacrée
- Les rites funèbres
- Les fêtes religieuses
- Les autres cultes officiels
La théogonie
Les dieux cosmiques
Avant que le monde ne fût créé, existaient trois dieux, égaux en puissance et en dignité. Certains théologiens les tiennent pour co-éternels et inengendrés. D’autres disent qu’ils furent engendrés par Cyndor, l’Éternel, le Temps et l’Infini. Ces dieux sont bien au-delà de l’entendement humain. On les appelle les dieux cosmiques.
Le premier, Horsis-Ra, était d’une pureté et d’une bonté incommensurables. On l’appelle généralement l’Esprit de Lumière. Le second, Tharizdun, était au contraire maléfique et ténébreux. Ces deux dieux, égaux en puissance, s’affrontaient dans une lutte sans issue, puisque parfaitement équilibrée. La troisième divinité, traditionnellement considérée comme une déesse, souvent identifiée à Istus, arbitrait ce conflit cosmique sans prendre parti. Cette déesse cosmique incarnait l’équilibre.
La création du monde
Pour résoudre le conflit stérile entre les deux autres dieux cosmiques, la déesse de l’Équilibre proposa de créer des êtres doués de libre arbitre, qui pourraient choisir entre le bien et le mal et ainsi proclamer un vainqueur définitivement. Les deux autres dieux acceptèrent, et le monde fut créé pour que ces êtres puissent y vivre.
Horsis-Ra créa le monde et la vie, et tout ce qui est bon. Tharizdun corrompit sa création, amenant la mort et la destruction. Les trois dieux cosmiques ne devaient pas entrer eux-mêmes dans le monde, car leur puissance était telle que celui-ci en aurait été détruit. Seules des émanations de ces dieux pénétrèrent la création pour la parfaire et assister les futurs êtres. Ces émanations furent les dieux majeurs.
L’Esprit de Lumière eut plusieurs émanations, qu’on appelle les Dieux Lointains, ou encore les dieux des Paynims. Ils ont pour nom Korshid, Asman, Khaleq et Danesh. Tharizdun eut aussi des émanations : Incabulos et Nérull, et des dieux innommables comme l’Antique Dieu des Éléments.
La Balance, Béorie et Boccob
La déesse de l’Équilibre mesure la lutte entre le Bien et le Mal dans le monde. Lorsqu’il y aura un vainqueur, elle le proclamera et annoncera la fin des temps. Elle eut comme émanation la déesse Istus, que certains assimilent à la déesse cosmique elle-même, et qui est le Destin.
Les trois divinités cosmiques créèrent de concert Béorie, qui est le Monde personnifié, et Boccob, qui incarne les règles qui le régissent et que l’on appelle magie. Chacun des dieux cosmiques ayant participé également à la création, celle-ci fut neutre, à l’image de Boccob et de Béorie. Boccob ne s’intéresse pas au conflit entre le Bien et le Mal, ni au choix des futurs êtres. Boccob est le fonctionnement du monde. Il est la magie. Il connaît le monde et comment agir sur lui, mais lui-même n’est qu’un gardien de ce savoir et de ces règles.
En même temps, les dieux cosmiques créèrent des êtres pour servir leurs émanations et les dieux à venir. Ce furent les Célestes (aasimons, archons, guardinals, éladrins et asuras) pour le Dieu Bon, les Fiélons (diables, démons, hordelins, yugoloths et gehreleths) pour Tharizdun, les slaads, les rilmanis et les formiens pour Istus.
Le monde créé, d’autres dieux naquirent par hiérogamie, surtout par union avec la déesse mère Béorie. Les dieux, émanations d’autres dieux ou engendrés par eux, eurent eux-mêmes leurs propres émanations.
La création de l’Homme
Une fois que le monde fut créé, les dieux décidèrent de créer ceux qui auraient pour mission de choisir entre le Bien et le Mal : les Hommes. Istus vint avertir Béorie que le moment de la création de l’Homme était venu. La déesse-mère préleva alors de son corps deux masses d’argile, qu’elle façonna pour leur donner la forme d’un homme et d’une femme. Geshtaï les purifia par aspersion de son eau pure, afin qu’ils puissent recevoir les dons des dieux. Olidammara compléta le rite en leur faisant boire une coupe de vin. Ce vin se transforma en sang, et les deux êtres devinrent de chair.
Alors vinrent les trois dieux cosmiques. Horsis-Ra leur fit deux dons, celui de la vie et celui de l’amour. Grâce au premier, les deux êtres reçurent l’étincelle de vie et s’animèrent. Grâce au second, ils purent se multiplier et vivre en communauté. Tharizdun leur fit lui aussi deux dons, mais ce furent la mort et la haine, la mort devant inspirer la peur et entretenir la haine. Ainsi, pensait-il, les Hommes glisseraient spontanément vers le mal. Enfin, quand tout fut fini, Istus fit à l’homme et à la femme le don de la liberté, pour leur permettre de choisir librement leur destinée entre le Bien et le Mal.
Le combat mythique
Le premier homme s’appela Aboukadim, et la première femme Oumma. Ils eurent des enfants, et enfantèrent toutes les races et les nations du monde. Les premiers hommes eurent la sagesse de pencher vers le bien. Des héros légendaires combattirent victorieusement les adorateurs du mal et les hordes maléfiques. Ce fut le combat mythique de la Lumière et des Ténèbres, et la Lumière prenait le dessus.
Tharizdun entra alors dans le monde pour le conquérir ou le détruire. En réponse à cette violation des règles établies par les trois dieux cosmiques, le Bien et la Balance s’unirent contre lui. À l’issue d’un combat terrible d’ampleur cosmique, Tharizdun fut emprisonné. Son influence sur le monde en devint très limitée, mais il avait eu le temps d’assurer la pérennité du Mal dans le monde, son développement et son existence jusqu’à nos jours.
L’Hégire
Il existe en divers lieux d’antiques sanctuaires où subsistent des parcelles du pouvoir de Tharizdun. Horsis-Ra, lui, dut se détourner du monde pour se concentrer sur Tharizdun, afin de maintenir la prison fermée. Son pouvoir n’irradie plus guère le monde sensible, et son nom fut presque oublié. Les émanations de Tharizdun profitèrent de son emprisonnement pour s’émanciper. À l’exception des factions loyales mauvaises, qui cultivent le culte du chef suprême et œuvrent pour sa libération, les forces et les dieux maléfiques ne souhaitent pas son retour et préfèrent rester libres d’agir à leur guise.
Le départ des dieux cosmiques constitue l’Hégire. Les Hommes fondèrent alors l’Empire baklunien, sous la conduite d’Azor’Alq et des autres héros divins des premiers temps, et de leurs successeurs.
La fin des temps
L’issue de la lutte entre le Bien et le Mal est maintenant incertaine, car le poison semé par Tharizdun au commencement du monde continue d’agir et de se répandre. La conversion de l’ensemble de l’humanité dans le camp de la lumière est la grande tâche qui doit permettre la défaite ultime du Mal. Alors le monde sera purifié, régénéré et débarrassé de toute souillure. Il sera comme il aurait dû l’être en l’absence du Mal. La victoire du Bien marquera la fin des temps actuels et la naissance d’un nouveau monde.
Un sauveur que l’on appelle le Mahdi apparaîtra à la fin des temps et parachèvera le triomphe du Bien dans la lutte cosmique contre le Mal. Mais rien n’est joué, et le Mal peut lui aussi l’emporter. Il est dit qu’à la fin des temps, si le Mal l’emporte, Tharizdun sera libéré et détruira le monde.
Les dieux des Paynims
Les dieux des Paynims sont les émanations du grand Dieu de la Lumière. Ce sont des dieux majeurs, qui ne s’impliquent que rarement dans les affaires humaines. Ils sont aussi appelés les Dieux Lointains. Traditionnellement, ils transmettent une partie de leur pouvoir à des individus exceptionnels, qui acquièrent le statut de héros divin ou même de demi-dieu.
Les Dieux Lointains ont pour noms, en baklunite, Korshid, Danesh, Khaleq et Asman. Korshid est le dieu du soleil. Il est neutre bon. Danesh est le dieu loyal bon de la sagesse. C’est un dieu serein et pacifique. Khaleq est le dieu loyal neutre de l’orage. Asman est le dieu du ciel, dont l’alignement est loyal bon.
Les théologiens discutent pour savoir si Korshid est le nom baklunite de Pélor, et Danesh celui de Rao. La correspondance entre ces deux dieux flannas et les dieux bakluniens n’est pas encore établie par les théologiens ekbirites.
Khaleq et Asman sont des divinités encore plus lointaines, et presque oubliées. Elles ne font l’objet d’aucun culte et n’ont aucun clergé. On ne fait référence à Khaleq que pour qualifier la foudre divine qui frappe les infidèles et punit les serviteurs du Mal. Quant à Asman, son nom n’est plus que le synonyme de ciel.
Les divinités médiatrices
Il est de tradition chez les Bakluniens, comme pour de nombreux peuples de la Flanesse, de prier des dieux ou des demi-dieux de rang inférieur aux grands dieux majeurs. Ces êtres divins, s’ils sont moins puissants, sont jugés aussi plus proches des hommes et de leurs préoccupations, et donc plus susceptibles d’intervenir favorablement, ou même de plaider auprès des dieux majeurs la cause de leurs fidèles. Ces divinités jouent le rôle de médiateurs.
Al’Akbar est le plus populaire de ces médiateurs, et le plus élevé en dignité. Son apothéose en fit un demi-dieu. Il est en effet le sauveur du peuple baklunien, celui qui a restauré les anciennes valeurs et qui a fondé Ekbir. Son culte est donc central dans tout le pays, et au-delà.
Les califes sont les successeurs d’Al’Akbar. Ils doivent être élus parmi les grands prêtres des cinq familles de sang royal, qui prétendent descendre des mythiques premiers empereurs. Al’Akbar lui-même est considéré comme un descendant direct de ces empereurs, et aurait annoncé que le Mahdi serait l’un de ses propres descendants. Les derviches tiennent d’ailleurs celui qui se fait nommer Mahdi comme héritier du prophète.
Des anciens héros divinisés, seul Azor’Alq reçoit encore un culte significatif. Les autres, comme les empereurs de la Première Dynastie, ne sont évoqués que dans les mythes et les légendes.
Parmi les dieux majeurs, seuls Pélor et Istus reçoivent un culte direct en Ekbir. Le premier est assimilé à Korshid par le peuple, en dépit des scrupules des théologiens. La demi-déesse Mayaheïnie, dont le culte s’est récemment développé parmi les peuples vivant à l’est des Yatils, est considérée par les prêtres d’Ekbir comme une nouvelle divinité médiatrice entre l’humanité et les Dieux Lointains, en l’occurrence Pélor.
Les saints médiateurs
Plusieurs prêtres exaltés occupent le rang de médiateur mineur. Bien que mortels, ils sont considérés comme des saints à la vie exemplaire, bénéficiant de la faveur divine. Ils fondent souvent une confrérie religieuse, et en deviennent l’ancien ou cheikh. Ces cheikhs sont d’habitude des contemplatifs, qui peuvent réaliser une union mystique avec le divin. Les plus sages d’entre eux sont sur la voie de l’ascension divine. Après leur mort, ils continuent d’être vénérés, et leur tombeau devient lieu de pèlerinage.
Les dirigeants des ordres religieux militaires, les Faris, portent également le titre de cheikh. Dans l’ordre de la Coupe et du Talisman, ce titre est celui d’archonte.
Les liens du sang jouent un grand rôle. Les cheikhs qui descendent de saints reconnus ou d’empereurs bakluniens, surtout ceux de la Première Dynastie, bénéficient d’une considération supérieure.
Les textes sacrés
Les textes sacrés comprennent les récits légendaires d’Azor’Alq et de la Première Dynastie, transmis jusqu’à Al’Akbar par les Paynims et recopiés depuis lors, mais aussi le récit de la vie d’Al’Akbar lui-même. Par ailleurs, des textes liturgiques et doctrinaux, élaborés par le Prophète lui-même, par ses successeurs immédiats ou par des prêtres exaltés, sont reconnus comme sacrés. On trouve aussi des hymnes adressés aux dieux, des prières et des descriptions de rituels sacrés.
Le culte d’Al’Akbar
Après avoir longtemps prêché durant les dernières décennies de l’Empire, Al’Akbar recueillit les survivants de la Dévastation Invoquée et reçut, dans les jours qui suivirent, les légendaires artéfacts envoyés par les dieux des Paynims : la Coupe et le Talisman. Il guida ensuite les réfugiés jusqu’au lieu où Ekbir fut fondé.
Al’Akbar restaura les anciennes valeurs et les anciens cultes bakluniens. Il prescrivit de vénérer et de respecter les dieux. Il enseigna que protéger et guider la communauté des fidèles faisaient partie des devoirs de chacun. Il connut l’apothéose, et son culte fut instauré et rendu en ancien baklunite, la langue sacrée.
Ce n’est que tardivement qu’un schisme apparut parmi ses fidèles, entre partisans de la Foi Exaltée et de la Foi Véritable. La Foi Exaltée est la religion d’État. Elle est d’inspiration loyale bonne, et ses fidèles sont généralement loyaux bons ou neutres bons.
Les titres et les attributs du Grand Prêtre sont dans la notice Al’Akbar.
Le clergé séculier
Les qadi
Le clergé séculier est chargé d’encadrer les fidèles, de rendre le culte et d’accomplir les rites. Les prêtres de la Foi Exaltée, que l’on appelle aussi des qadi, exercent aussi des fonctions d’enseignement et de justice. Le gouvernement est en grande partie composé de prêtres, qui assument des charges de ministres, notamment les kadims, et de fonctionnaires.
Des qadi accompagnent les armées pour leur fournir un important soutien. Ces prêtres sont tout particulièrement chargés de combattre d’éventuelles créatures surnaturelles ou dotées de pouvoirs magiques. Ils font aussi office de guérisseurs dans les armées, comme dans tout le pays, où existent de nombreux hospices.
Chaque qadi est nommé par sa hiérarchie à une fonction particulière. Cette fonction peut être d’assumer la charge de prêtre d’un village, d’assister un prêtre de rang supérieur dans un temple, ou d’accompagner une unité de l’armée. Pour les qadi de rang élevé, la fonction peut être judiciaire ou gouvernementale.
La hiérarchie comporte un certain nombre de rangs, selon un système pyramidal dont le calife est au sommet. L’échelle des rangs situe ces titres parmi les autres corps. Tant qu’ils n’ont pas atteint le deuxième rang, les qadi sont astreints au célibat. À partir du deuxième rang, ils peuvent se marier.
Pour devenir qadi, il faut avoir étudié à l’Université ou dans une école religieuse reconnue, afin d’acquérir de solides connaissances en théologie, mais aussi dans d’autres domaines comme la rhétorique, le droit, la diplomatie et la poésie. Les qadi se doivent d’être instruits, et même érudits.
Les novices sont appelés des lodens. Ils portent des tenues grises ou marron. On les traite comme des gens du peuple de niveau 1. Lorsqu’ils sont ordonnés prêtres, ils deviennent des prêtres de niveau 1.
Les tenues sacerdotales des qadi dépendent de leur rang.
| Rang | Niveau | Titre | Couleur des vêtements |
|---|---|---|---|
| Novice | 0 | Loden | gris ou marron |
| 1er | 1-2 | Aïdyn | blanc |
| 2e | 3-4 | Kizil | rouge et blanc |
| 3e | 5-8 | Altyn | rouge et jaune (or) |
| 4e | 9-10 | Kébir | rouge |
| 5e | 11-12 | Kadir | rouge |
| 6e | 13 et au-delà | Kadim | rouge et noir |
| 7e | Calife | Kalif | rouge et noir, couronne califale |
| 8e | Al’Akbar |
Les inquisiteurs
L’ordre des inquisiteurs du Zashassar, ou Mihna, est un ordre spécial de qadi, chargé initialement du contrôle du Zashassar afin de s’assurer de la fidélité des mages aux accords conclus avec Al’Akbar. Par la suite, on lui confia d’autres tâches, comme la lutte contre les hérésies, notamment le yatilisme, que ses partisans appellent la Foi Véritable. Les inquisiteurs de cet ordre ne sont pas des tortionnaires cruels, mais ils font néanmoins preuve de beaucoup de détermination. Ils bénéficient d’un entraînement particulier pour remplir leur mission.
Les talesmi
Le prosélytisme est très important dans la Foi Exaltée. Des missionnaires, appelés des talesmi, sont chargés de voyager de par le monde pour propager la bonne doctrine et réussir des conversions. Ils ont aussi pour tâche de combattre le mal sous toutes ses formes. Ce sont d’inlassables voyageurs, qui arborent le symbole sacré de l’octogone étoilé, lequel reproduit le talisman d’Al’Akbar. C’est d’ailleurs le talisman qui leur a donné leur nom de talesmi.
Par rapport aux qadi, les talesmi sont beaucoup plus libres. Ils ne sont pas liés à un temple ou à un village particulier. S’ils doivent rendre compte périodiquement à leur hiérarchie, ils sont libres d’aller là où ils pensent que leur présence est la plus importante pour la réussite de leur mission. Les talesmi ont la même formation que les qadi. Leur tenue vestimentaire ordinaire n’est pas réglementée, à l’exception du symbole sacré. Lorsqu’ils rendent le culte, ou pour toute cérémonie religieuse, ils portent des vêtements sacerdotaux consacrés de couleur jaune.
Les kadims
Ces prêtres occupent le plus haut rang de la hiérarchie de la Foi Exaltée après le calife. Très respectés, ce sont de grands érudits, notamment en théologie, en rhétorique et en droit. Souvent ministres ou nayibs de province, ils disposent de pouvoirs étendus au plus haut niveau de l’État. Ils sont habituellement accompagnés de plusieurs gardes du corps, et d’une suite de fonctionnaires et de prêtres subalternes. Leur tenue religieuse est rouge et noire, et ils sont généralement armés du cimeterre à deux mains.
Haokyar est, à l’heure actuelle, le plus en vue des kadims. C’est aussi l’un des plus puissants prêtres d’Al’Akbar. Âgé de 46 ans, grand vizir du calife Xargun, Haokyar est un homme charismatique et très influent. Il est considéré comme le prétendant le plus sérieux à la succession de Xargun. Il est issu de la famille royale Yundilla, qui détient en suzeraineté la province du Dagbakir et la ville de Fashtri. On s’accorde à penser que, si Haokyar a incontestablement l’envergure d’un grand calife, son accession au pouvoir suprême entraînerait une politique probablement plus martiale et, en tout cas, plus active que celle de Xargun.
Les confréries religieuses
La tradition monacale est forte en pays baklunien, peut-être sous l’influence de Zuoken. Dans la Foi Exaltée, cette tradition a pris la forme particulière des confréries religieuses.
Ces confréries sont fondées par un prêtre exalté de grande réputation. Elles sont organisées selon une hiérarchie très stricte, qui lie chaque membre à un frère de rang supérieur, son tuteur, et, de là, jusqu’au maître de l’ordre, l’Ancien ou cheikh, par toute une série de liens de tutorat consécutifs. L’Ancien est le fondateur lui-même, ou son successeur. Après sa mort, le fondateur de l’ordre continue d’être vénéré. Son mausolée devient un site sacré, but de pèlerinage même en dehors des membres de son ordre.
Les ikhwans
L’ikhwan est le membre d’une confrérie religieuse mystique. Beaucoup sont des prêtres. Ils font partie de la Foi Exaltée, mais ce ne sont pas des qadi.
À la différence des Faris, les ikhwans ne reçoivent pas d’entraînement martial. Prières, méditations, récitations de textes sacrés et ascèse occupent la majeure partie du temps qu’ils passent au ribat.
Le ribat
Le ribat est l’ensemble des bâtiments et des dépendances d’une confrérie religieuse. Il est en principe fortifié. Le terme est conservé même pour des bâtiments qui ne le sont pas. On appelle parfois un ribat un monastère, mais ce mot devrait être réservé aux monastères de Xan Yaë et de Zuoken. Les confréries de Faris occupent aussi des ribats.
Au milieu de la forteresse se tient en général une grande place d’armes, le maïdan. Les frères se réunissent dans le ribat régulièrement, pour des périodes assez longues, afin d’accomplir les exercices et les rites religieux communautaires : prières collectives, chants liturgiques ou séances de méditation. Certaines confréries ont une mission militaire. Des entraînements au combat et à la manœuvre collective sont alors organisés dans les maïdans.
Les frères ne vivent donc pas en permanence dans les ribats, mais seulement pendant certaines périodes. Durant leur séjour, ils doivent mener une vie religieuse très stricte, de caractère monastique. Les rites de purification y ont une grande importance. En dehors de ces séjours, ils peuvent mener une vie normale.
Les confréries religieuses jouissent d’un grand prestige à Ekbir, et parmi les Bakluniens en général. Leurs membres s’exercent à diverses pratiques mystiques, qui leur confèrent des pouvoirs hors du commun. Les confréries religieuses de nomades constituent les différents ordres de derviches. Leur caractère militaire est très prononcé.
Les ordres
La Confrérie des Faris hospitaliers. Cette confrérie est historiquement la première confrérie de Faris créée. Sa mission est la protection des pèlerins, du clergé et du pays tout entier, mais sa vocation guerrière et religieuse s’accompagne d’une vocation proprement hospitalière. L’ordre dispose d’hospices un peu partout en Ekbirie, surtout le long des routes de pèlerinage, et procure soins et assistance aux malades et aux blessés.
La Confrérie de la Nécropole. Cette confrérie porte le nom de la nécropole d’Ekbir, qui lui sert de ribat. Ses membres remplissent officiellement le service mortuaire. Sa mission principale est cependant la lutte permanente contre les morts-vivants.
L’Ordre de la Coupe et du Talisman. Cet ordre est une confrérie militaire de Faris, vouée à la quête des deux reliques perdues. Son ribat se trouve sur la côte sud du Dezbat. L’ordre est dirigé par les archontes, qui forment le Cercle suprême. Les autres frères constituent le Cercle médian. Le Cercle extérieur comprend toute personne aidant l’ordre dans sa quête sans faire partie de la confrérie.
L’Ordre du Calice. Un siècle après le vol des deux reliques, des Faris d’Ekbir furent témoins du combat terrible que se livrèrent le solar Sraoka et le prince démon Vucarik. Les chevaliers aidèrent autant qu’ils le purent le céleste qui, blessé mais victorieux, leur fit don d’un calice qu’il remplit du sang de ses blessures. Ainsi, dit-il, la perte de la glorieuse Coupe serait moins douloureuse à endurer. Le Calice devint sacré, et une confrérie religieuse fut fondée pour le garder. Son ribat fut construit dans la grande forteresse de Kalat-Kébir. Les frères font vœu de combattre les démons sans relâche. Leur champ d’action traditionnel est Ull et ses adorateurs de démons. L’ordre tente par la même occasion de dégager la route du pèlerinage vers Tovag Baragu. Récemment, un autre terrain de bataille s’est ouvert dans le Nord, avec les menées de Iuz chez les Nomades-Tigres. Les frères développent des talents variés, leur permettant d’affronter l’engeance démoniaque et de survivre dans les steppes du Sud comme du Nord.
La Confrérie des Templiers d’Ekbir. La défense du complexe sacré de la ville sainte d’Ekbir, et notamment du Mausolée d’Al’Akbar, est assurée par un ordre militaire de Faris basé dans l’Enceinte sacrée elle-même. Ses membres sont les templiers d’Ekbir. Outre leur mission de défense des lieux saints, on leur confie aussi parfois des missions de combat contre les ennemis de la religion. Leur tenue comporte une cotte d’arme à manches longues et un ample manteau. Ces deux vêtements doivent être de couleur rouge, sans le moindre ornement. Leur heaume doit être peint en rouge. Ils combattent au cimeterre à deux mains.
La Confrérie de la Voie de l’arc. Cette autre confrérie militaire de Faris a développé une mystique basée sur le tir à l’arc. Les frères sont parmi les meilleurs archers du monde. Ils sont capables de prouesses étonnantes avec un arc.
La Confrérie de la Voie du cheval. Les prouesses équestres constituent la particularité de cette confrérie militaire de Faris, et représentent leur voie originale vers la révélation divine. L’ordre contribue à l’élevage des coursiers bakluniens. Ce sont des chevaux de guerre légers, particulièrement agiles et rapides. Ils sont également forts et robustes pour leur taille. Ils sont pour cela très recherchés, et très chers.
La Confrérie des alchimistes. Cette confrérie est vouée au développement de connaissances mystiques et techniques en liaison avec l’alchimie. Elle fonctionne comme une confrérie religieuse ordinaire, sauf que ses membres se livrent à diverses techniques de méditation et d’expérimentation alchimique. Elle produit notamment des substances alchimiques, dont le fameux feu grégeois, très utilisé dans la guerre navale.
La Confrérie des armuriers. En Ekbir, la religion pénètre tous les aspects de la vie quotidienne. Ainsi les armuriers les plus réputés sont membres de la confrérie religieuse akbarite des armuriers. Il existe des armuriers laïques et indépendants, mais aucun ne peut rivaliser avec les productions de la confrérie. Située près de l’arsenal à Ekbir, elle est célèbre pour la qualité de son acier, et des armes et des armures qu’elle fabrique. Il y a plusieurs maîtres armuriers très habiles, qui disposent de grands ateliers avec une main-d’œuvre nombreuse. Tous, maîtres, assistants ou apprentis, sont des religieux. Ils vivent dans le ribat de la confrérie pendant toute leur période de travail, et mènent une vie normale le reste du temps. La plupart sont des experts. Tous les frères prient Al’Akbar, mais un culte est aussi rendu à Bléredd. Des prêtres d’Al’Akbar et de Bléredd, membres permanents de la confrérie, assistent les frères armuriers. Parfois, ils bénissent et enchantent les armes et les armures.
La Confrérie des derviches danseurs. Cet ordre développe une voie mystique particulière, basée sur la musique, le chant, la danse et les arts en général. Relativement peu structurée, cette confrérie a un mode de fonctionnement très convivial.
Domaines et armes
Les domaines des prêtres d’Al’Akbar sont Bien, Loi, Guérison, Protection. Leur arme religieuse est le cimeterre à deux mains (m). Beaucoup ne maîtrisent cependant pas cette arme, et se contentent de la masse, du bâton, de la lance ou d’une autre arme courante. Certains utilisent des armes de jet courantes, comme l’arbalète ou la fronde.
Le port d’arme et d’armure est surtout le fait des prêtres exposés à des situations dangereuses, comme les talesmi, les prêtres des armées ou les frères des confréries militaires. Les armures et les boucliers portés sont les mêmes que ceux des guerriers.
Symbolisme et liturgie
La liturgie reproduit l’action d’Al’Akbar après le cataclysme. Le prêtre intercède auprès des dieux, et guide ensuite son peuple vers le salut. Le lieu où le prêtre doit prier au nom des fidèles symbolise le lieu sacré de Tovag Baragu. Il a donc une forme circulaire ou octogonale, souvent entourée de portes. Les prières s’adressent à Al’Akbar, qui intercède à son tour auprès des Dieux Lointains. Une fois les prières rituelles terminées, les dieux accordent aux fidèles leur soutien. Le prêtre guide alors les fidèles, au travers d’un véritable parcours, jusqu’à un pinacle qui symbolise la demeure des dieux et le paradis, à l’exemple des Pinacles d’Azor’Alq.
Les cérémonies s’effectuent donc en deux temps : la médiation et le parcours. Le parcours reproduit aussi l’Exode des Bakluniens sous la conduite du prophète.
Le cercle symbolise la porte d’accès au monde divin. L’octogone a une symbolique voisine, mais il est plus orienté vers le monde des dieux du Bien, en tant que figure rappelant à la fois le cercle et l’octogone étoilé du talisman d’Al’Akbar. Le pinacle symbolise la demeure des dieux, le paradis, la récompense des justes et un sanctuaire du Bien.
Architecture sacrée
L’architecture des temples est adaptée à la liturgie. Un temple comprend donc un centre circulaire ou octogonal, surmonté d’une coupole. Ce centre symbolise le centre du monde, et reproduit le site de Tovag Baragu, qui est considéré comme le véritable centre du monde. Il y a souvent une nef, dans laquelle viennent prendre place les fidèles pendant que le prêtre officie dans le cercle sacré. Ensuite, sous la conduite des prêtres, les fidèles traversent le centre et se dirigent vers un minaret appelé pinacle, qui symbolise le lieu du salut. Le parcours rituel du centre au pinacle est plus ou moins long selon les temples. L’emplacement du pinacle par rapport au centre est variable.
Les mausolées
Des mausolées sont élevés pour les saints, les nobles les plus puissants, les héros de renom et les martyrs. Certains font l’objet d’un pèlerinage.
La ville sainte d’Ekbir abrite le Mausolée d’Al’Akbar, le plus important de tous. Zafreh abrite le Mausolée des Faris martyrs.
Les rites funèbres
Les Ekbiriens ne pratiquent pas l’incinération. Les morts reçoivent des sépultures soignées, au sein de nécropoles plus ou moins vastes. La nécropole de la ville d’Ekbir est un complexe très étendu, en grande partie souterrain, avec des catacombes et des monuments funéraires. Les profanations de tombes comptent parmi les crimes les plus graves.
Les fêtes religieuses
Les fêtes religieuses akbarites sont le Jour du Pardon, qui commémore le don de la Coupe et du Talisman, le jour de la naissance d’Al’Akbar, le Jour de la Résurrection, celui du retour de son premier voyage aux Pinacles, le Jour de la Restauration, celui du retour de son deuxième voyage aux Pinacles, le Jour de la Révélation, celui de son troisième départ pour les Pinacles, et le Jour de l’Apothéose.
Ainsi nommé, car la lignée des premiers empereurs et leur religion ressuscitent avec la naissance d’Al’Akbar. Ce jour marque la restauration officielle de l’ancienne religion et des anciennes valeurs, collectivement désignées comme la Droiture, par l’ordination d’Al’Akbar au rang de grand prêtre.
- Pardon : 2e Péloris de l’Écureuil (9e jour de l’Écureuil).
- Résurrection : 4e Geshtaya de la Grenouille (26e jour de la Grenouille).
- Restauration : 4e Péloris du Tigre (23e jour du Tigre).
- Révélation : 1er Isturia du Loup (1er jour du Loup).
- Apothéose : 4e Akbaris de l’Ours (25e jour de l’Ours).
Les autres cultes officiels
Le culte d’Azor’Alq est un culte officiel, subordonné à celui d’Al’Akbar.
Le culte de Pélor, les Fils du Soleil, est un culte officiel, en position seconde de la Foi Exaltée.
Le culte d’Istus est un culte officiel, soutenu par le clergé d’Al’Akbar.
Le culte de Geshtaï est un culte officiel. Ses rites de purification précèdent souvent ceux des autres cultes.
Le culte de Mouqol est un culte officiel. Son clergé veille sur le commerce et les contrats.