EKB5-03
La Proie pour l'ombre
EKB5-03. Aventure régionale Living Greyhawk en un round, pour Ekbir, pour les échelons 2 à 10. Elle se situe dans la trame des Faris Rautha, ou chevaliers métamorphes.
Sommaire
Auteurs
Guérin Gildas et Jean-Philippe Huet. La version d’origine est le scénario régional EKB5-03, La Proie pour l’ombre. Idée originale : Guillaume Gallais. Le triad edit est crédité à Jean-Philippe Huet et à Gaël Richard. Le circle edit est crédité à Tim Sech.
Notice
Le village de Médrina n’est plus un village paisible depuis quelques semaines. Une étrange apparition trouble sa tranquillité. Les cavaliers-tonnerre du Dezbat tout proche campent non loin du village. Une ancienne tragédie refait surface. Cette aventure en Ekbir pour les APLs 2-10 se situe dans la trame des Faris Rautha (ou chevaliers métamorphes).
Lieux
L’aventure commence à Ekbir, au printemps, et se joue ensuite à Médrina, village de la province du Regzar, à la frontière du Dezbat.
- L’auberge de la Coupe, dans le quartier des marchands, où Maoud Kaber les engage.
- Le temple d’Al’Akbar de ce quartier, où il officie. On peut s’y renseigner avant le départ, et l’y retrouver au retour.
- La route de Médrina. Après une journée de cheval, ou deux jours à pied, un bois où des bandits attaquent une diligence.
- Les collines, plus loin. Keyn Ashir et une cinquantaine de cavaliers-tonnerre observent la route.
- Médrina, deux jours à cheval depuis Ekbir, quatre à pied. Le vallon est planté de vignes. La frontière du Dezbat est à trois kilomètres.
- Le temple d’Al’Akbar, sur la place, avec une chapelle de Geshtaï à l’entrée.
- L’auberge du Tumulus, sur la même place.
- La tonnellerie de Rahim Hikmat, autour de cette place.
- La maison de Gebril Al’Mofiss, entre le village et le tumulus.
- La maison Kaber, l’autre grande demeure dans les vignes.
- La cabane d’Usni Bourolfi, entre cette maison et le tumulus, au nord-ouest du village.
- La forêt, au nord du village, où le cavalier fuit au matin.
- Le tumulus d’Uthank, dans cette forêt. L’entrée est derrière la cascade.
Les gemmes sont gardées à Castel Ashir, dans le Dezbat. L’aventure n’y emmène pas les personnages. Les vignerons qui ont formé le village venaient du Doab. On n’y va pas.
PNJ principaux
Maoud Kaber. Fils de Mamoud, qadi de rang Aïdyn, voué à Al’Akbar depuis une semaine. Il officie dans le temple du quartier des marchands et ne peut quitter Ekbir avant un mois et demi. La lettre de sa sœur Fatiha l’inquiète. Il offre cent pièces d’or par personne pour faire cesser le cavalier sans tête, et demande le secret : son père ne doit pas savoir qu’il a envoyé quelqu’un. Il confie une broche pour joindre Fatiha par sa servante.
Mamoud Kaber. Père de Maoud et de Fatiha, riche vigneron, membre du conseil. Il a acheté presque toutes les terres, planté la vigne, et interdit qu’on parle du cavalier, de peur pour le vin. Il ne reçoit personne. Si on suit ses gardes, on le voit un soir, aux abords du village, prévenir Keyn. Après l’entretien avec Usni, il le fait enlever à l’aube, pour qu’il se taise. Le module l’écrit Mamoud. Son fils est Maoud.
Gebril Al’Mofiss. Qadi de Médrina, de rang Kébir, une quarantaine d’années. Avant la mort de sa femme, que le module ne nomme pas, il était l’un des qadis de la garde sacrée, à Ekbir. Il y a cinq ans, avec l’accord de ses supérieurs, il s’est retiré au village d’origine de sa femme. Il est chef du conseil. Il a voté blanc quand les trois autres ont refusé d’appeler les autorités. Il a lu l’histoire du cavalier dans le journal de l’office, et il s’en est resservi avec Sabir. Il était l’ami de Yauganet, le chevalier à la grenouille, qui n’apparaît pas. Il ne se confie tout à fait qu’une fois le repaire trouvé et le lien fait avec lui.
Sabir El’Kanur. Valet et homme de confiance de Gebril depuis cinq ans. Il a servi dans l’armée d’Ekbir. C’est lui, le cavalier sans tête : la cape rouge, la tête factice, la gemme noire au front. Il soigne le cheval à l’aube ou au coucher du soleil. S’ils sont au moins deux, il se rend. Il ne veut pas blesser des innocents.
Keyn Ashir. Commandant des cavaliers-tonnerre, premier homme d’armes du Dezbat, demi-frère d’Urik Ashir, seigneur du Dezbat. Il ne retire pas son heaume. Il veut détourner les personnages de Médrina : la zone menacerait la paix du Dezbat. Il traque les Faris Rautha comme des renégats. Attaquer un amir et des troupes régulières se solde par la fuite, la mort ou la prison.
PNJ secondaires
Fatiha Kaber. Sœur de Maoud, dix-sept ans. Elle ne sort de la maison que pour l’office de midi, après une purification à la chapelle de Geshtaï. Son père est terrifié, dort mal, et Rahim et Jamil ont peur comme lui. Elle ne sait pas pourquoi. Le nom de celui qui a engagé les personnages doit rester secret : Mamoud risquerait de renier son fils.
Fahima El’Souri. Servante de Fatiha, vingt ans. Elle porte une broche d’argent en forme d’aigle. Chaque matin, elle achète à l’auberge du Tumulus et voit son fiancé, palefrenier, que le module ne nomme pas. La broche de Maoud la décide à parler, dans l’écurie. Elle ne dira rien du cavalier : les questions sont pour sa maîtresse.
Amira Al’Mofiss. Fille de Gebril, dix-huit ans. Son père l’a envoyée à Ekbir chez une tante, que le module ne nomme pas, il y a six mois. Elle revient par surprise. Si on la sauve, elle demande qu’on l’accompagne. Elle a confiance en Sabir. Elle ne sait rien de son passé.
Fayza Boutlek. Le corps de l’aventure ne la nomme pas. L’annexe des personnages en fait la servante d’Amira. Elle est dans la diligence, et elle meurt si le secours arrive trop tard.
Jamil Hal’Haran. Aubergiste du Tumulus, une quarantaine d’années, ami d’enfance de Mamoud et de Rahim. Il a peur. Il ne sort presque plus tant que le cavalier rôde. Il ne dit rien du cavalier, ni des événements d’il y a vingt ou trente ans.
Rahim Hikmat. Tonnelier, beau-frère de Mamoud, le maillon faible des trois. Il ne parle que coincé, sans espoir d’aide. Il dit d’abord que le barde est mort dans les ruines. Le module marque cette version comme fausse. Pressé, il avoue le tumulus, leur part dans la mort du barde, et que Mamoud a appelé Keyn.
Usni Bourolfi. Frère de Jawad. Depuis cette mort, il boit. Il vit dans une cabane, de dons et de petits travaux, et il ne parle que là, avec un tonnelet. Il raconte la cape rouge, les deux morts, et la fortune soudaine des trois survivants. L’empêcher de boire le rend muet. Le lendemain, à l’aube, Mamoud le fait enlever.
Les deux miliciens. Le module ne les nomme pas. Ils décrivent le cavalier, la cape, la tête à la selle, la gemme, et les cavaliers-tonnerre massés à la frontière. Les notables ne veulent pas d’enquête : officiellement, le cavalier n’a encore nui à personne.
Les bandits. Le module ne les nomme pas. Ils ont barré la route d’un arbre. Ils veulent tuer le convoi et charger le butin. Ils ne se rendent pas. Leur nombre et leur sorte changent avec l’échelon. Le cocher et les deux gardes, que le module ne nomme pas, meurent si l’on tarde. Fayza, puis Amira, suivent.
Les gardes de Mamoud. Le module ne les nomme pas. Deux d’entre eux filent les personnages quand le conseil s’en inquiète. Ils n’offrent pas de combat. Ils disent que le village veut qu’on parte, et qu’on oublie l’histoire.
Résumé détaillé
Origines du mal et prélude
Nimrod Ashir, alors seigneur du Dezbat, fonda l’ordre des Faris Rautha. Il donna douze gemmes antiques à ses douze meilleurs guerriers. La pierre se fixe au front et ne s’en retire pas. Chaque voie de combat porte un animal du calendrier baklunien. Le contexte les appelle familièrement chevaliers-gemmes. Ailleurs, le module dit chevaliers métamorphes. En 577 AC, une attaque ataphade remplaça la dynastie du Dezbat. Nerim Ashir, de la maison prime, fut massacré avec les siens. Son fils Lybak fut sauvé par Sid-Allagh, le chevalier au loup. L’ordre fut rendu responsable. Sid-Allagh fut accusé d’avoir enlevé et tué l’enfant. Les survivants furent pourchassés. Une société secrète, la Confrérie Rautha, veut restaurer l’ordre en retrouvant les douze gemmes et de nouveaux porteurs. Gebril Al’Mofiss en est l’un des dirigeants. L’annexe place la chute de la maison Ashir il y a dix-huit ans, et le recrutement de Gebril il y a quinze ans. Gebril, lui, parle de seize ans pour l’étendue du Dezbat jusqu’aux portes d’Ekbir, et de presque deux décennies depuis la mort de Nerim.
Il y a une trentaine d’années, selon le contexte, Rahim et l’annexe, Jawad Bourolfi et Rahim Hikmat ont ouvert par hasard, en cherchant des pierres dans la forêt, une galerie du tumulus d’Uthank, seigneur versé dans le feu. Avec Hilal El’Kobr, Jamil Hal’Haran et Mamoud Kaber, ils en sont revenus brûlés. Trois semaines plus tard, le barde Hakim Bramur, cousin de Hilal, venu d’Ekbir, a désamorcé des pièges. Ils n’ont pas atteint le cœur, mais l’or, l’argent et les pierres étaient déjà là. Une phrase dit « les quatre amis ». La suite et l’annexe comptent cinq hommes. Le module ne tranche pas. Hakim prélevait sa part en secret. Laissé pour mort dans un piège de feu, il a survécu, et il s’est vengé sous la cape rouge, la tête à la selle. Jawad est tombé un soir, au retour d’une beuverie. Usni le dira retrouvé au matin, dans une rue. Hilal a été pendu dans sa ferme. Des soldats du nayib ont blessé le cavalier près de la maison de Mamoud. Il est mort sur les marches du temple. Le qadi d’alors, que le module ne nomme pas, a recueilli ses dernières paroles, l’a enterré sans bruit, et a gardé la cape. Usni, les anciens, et la question qu’on pose à Jamil parlent d’une vingtaine d’années. L’annexe dit trente ans. Le module ne tranche pas. Les trois survivants se sont enrichis : les terres et le Pyras pour Mamoud, la tonnellerie pour Rahim, l’auberge pour Jamil. Il y a cinq ans, Gebril s’est installé à Médrina. Les apparitions ont repris il y a trois semaines, selon l’annexe, la milice et les gens du village. La lettre que cite Maoud dit une quinzaine de jours. Le module ne tranche pas.
Arrivée et premier contact
On est au printemps, à l’auberge de la Coupe. Maoud Kaber engage le groupe et remet la broche s’il accepte. Certaines organisations savent déjà qu’un cavalier sans tête rode dans le Regzar, gemme au front, et que les cavaliers-tonnerre sont dans les parages. Rien, à Ekbir, ne donne le nom de l’homme sous la cape. Sur la route, des bandits attaquent la diligence d’Amira. Ils changent avec l’échelon. Si l’on tarde, la servante meurt, puis Amira. Sur son corps, une lettre tendre signée de son père. Plus loin, Keyn et les siens, cotte noire au dragon d’argent, descendent de la colline. Il interroge, il dissuade, et ses hommes examinent l’équipement.
À Médrina, Gebril accueille sa fille avec chaleur s’il la revoit, et il offre le gîte. S’il apprend sa mort, il a le cœur brisé et envoie les personnages à l’auberge pour la nuit. Le conseil a refusé d’appeler la province : le cavalier n’aurait commis aucun délit, et le commerce en souffrirait. Les notables se méfient, font suivre le groupe, puis demandent à Keyn de les chasser. Le cavalier a été vu près du tumulus, et un ouvrier l’a vu traverser les vignes au nord, au coucher du soleil, pour entrer dans la forêt. La gemme au front fait penser à l’ordre déchu. Gebril aide davantage à mesure qu’on s’intéresse au passé du village. Il ne livre pas encore sa part.
La poursuite
Au lever du soleil, le cavalier débouche de derrière la maison Kaber, au grand galop, poursuivi par plus de cent cavaliers-tonnerre qui lui ont tendu une embuscade. Il file vers la forêt. Sans intervention, il l’atteint, et les poursuivants en ressortent une demi-heure plus tard, vers la frontière. S’il est pris avant que Keyn n’arrive, la fouille montre la supercherie : c’est Sabir. Keyn le confisque, avec ses objets magiques, et remonte jusqu’à Gebril. Celui-ci a juste le temps de fuir. Il est démasqué comme membre de la Confrérie, recherché dans tout le Califat, et sa famille est déshonorée. La diversion a échoué. Le module dit qu’il vaut mieux ne pas le capturer.
Le tumulus, du dehors, n’a pas d’entrée. La tombe est en sous-sol, sur deux niveaux. Le temps l’a rendu à la forêt, au bord d’un plateau, une rivière au nord. Les pièges encore armés changent avec l’échelon. Au plus bas, des araignées venimeuses occupent la salle du voleur mort. Plus haut, la grande salle du feu appelle des élémentaires, ou pire. Une note appelle ce tumulus une pyramide. Le reste du module parle d’un tumulus. Le module ne tranche pas.
Le tumulus d’Uthank
Il n’y a pas de mot de passe. Une pierre, à hauteur d’épaule, ouvre et referme le passage derrière la cascade. L’effet décisif est la tenue. Elle montre que le fantôme est un homme, et cet homme est Sabir El’Kanur.
- L’écurie souterraine. Un coursier baklunien, du foin, de l’eau, et une stèle au cheval noir. Sur une chaise, un torse de cuir à sangles, percé pour les yeux, la bouche et le nez. Au mur, la cape rouge et une tête factice, une opale noire au front. La cape est ordinaire.
- Sabir. Il vient à l’aube ou au coucher du soleil s’occuper du cheval et sortir. À deux contre lui, ou plus, il se rend.
- La tombe. Au premier niveau, par un escalier secret que la poussière dit inutilisé depuis des siècles, reposent Uthank et sa femme. Les toiles d’araignée de ce passage ne sont pas dangereuses.
- Le second niveau. Les cinq notables l’ont pillé. Une carrière rebouchée est l’ancien accès de Jawad et de Rahim. Des trappes ont été laissées ouvertes. La dernière, au bout du couloir, fonctionne encore. Elle change avec l’échelon.
- Le voleur. Dans une salle forcée, un cadavre d’il y a trente ans, tué par le venin des araignées pendant la chasse au cavalier, après les cinq et le barde. Ses affaires sont encore là. Au plus bas échelon, les araignées y sont encore.
- La salle du feu. Les murs montrent les créatures du feu. Y entrer déclenche le piège. Il change avec l’échelon, du feu appelé jusqu’à pire.
Dénouement
Quand le repaire est connu et que Sabir est reconnu sous la tenue, Gebril explique. Aucun jet ne lui est demandé. Le journal de l’office lui a appris l’histoire, et il s’en est resservi. Il dit au groupe qu’il voulait voir si Keyn et les cavaliers-tonnerre seraient indifférents. La réaction le trouble : presque toute la troupe est à la frontière. Il soupçonne les Faris Rautha d’avoir été mêlés à quelque chose de terrible, pas forcément au récit qu’on en fait. Il demande une aide, sous serment devant Al’Akbar, pour rétablir la vérité. À ceux qu’il juge droits, pris chacun à part, il propose la Confrérie.
À qui prête serment, il révèle le reste. La Confrérie veut rendre leur nom aux Faris Rautha et reprendre les gemmes que Keyn a prises sur leurs cadavres. Elles sont à Castel Ashir. Le cavalier était une diversion, pour vider la garnison le temps d’un coup de main. Si le secret tient, Gebril peut prolonger la feinte. La suite est le scénario EKB5-04, Retour à Castel Ashir. Le module écrit qu’ainsi Keyn aura lâché la proie pour l’ombre. Garder le secret vaut la faveur de Gebril, serment ou non. Le dire, à qui que ce soit, même aux cavaliers-tonnerre, ôte toute faveur. Parler et entrer dans la Confrérie s’excluent. Le serment exige d’être loyal bon ou neutre bon, et de suivre la Foi exaltée. Il se prête sur les saintes reliques, la parole du Grand Prêtre et les dieux des Paynims : fidélité à Al’Akbar, à la maison prime d’Ashir, aux quatre piliers du Dragon, et combat pour la justice, la vérité et la prospérité du Dezbat et d’Ekbir. Qui entre gagne la mention Serment de la Confrérie Rautha. Sauver Amira inscrit son nom. Les organisations qui ont renseigné le groupe récompensent qui a trouvé la vérité. Au temple du quartier des marchands, Maoud verse les cent pièces d’or, que l’histoire lui soit racontée ou non.