Ekbir
Histoire
Sommaire
- Les calendriers
- L'astrologie
- Les origines mythiques
- L'évolution de l'Empire
- La guerre des deux empires
- La prédication d'Al'Akbar
- Le Double Cataclysme
- La Coupe et le Talisman
- L'Exode
- La fondation d'Ekbir
- L'apothéose d'Al'Akbar
- Les successeurs
- Le Grand Califat
- Oudmey, Azourma et Fragorox
- Le vol des Reliques et le schisme
- La Horde d'Airain
- Les événements récents
- Chronologie
Les calendriers
Les Ekbiriens utilisent deux calendriers. L’un est le calendrier baklunien traditionnel, l’autre est le calendrier akbarite, qui date de l’époque du Prophète et de la fondation d’Ekbir.
Le calendrier baklunien
Le calendrier baklunien est le calendrier traditionnel des Bakluniens. Il est utilisé dans tout l’Ouest et il est connu de tous les Bakluniens. Il est aussi appelé calendrier de l’Hégire baklunienne (HB).
L’an 1 de ce calendrier correspond à la fondation mythique de l’empire baklunien par les héros de la Première Dynastie. La date actuelle dans ce calendrier est de 3251 HB.
Le calendrier akbarite
Le calendrier akbarite est le calendrier religieux d’Ekbir. Il est aussi appelé calendrier d’Al’Akbar (A2C ou AA).
L’an 1er de ce calendrier correspond à l’année qui suivit le Double Cataclysme. Le premier jour correspond exactement au lendemain de la Dévastation Invoquée. Cette date coïncide avec le pardon des dieux, le don de la Coupe et du Talisman, la conversion des survivants et le début de l’Exode.
L’année actuelle est 1014 AA.
L’année commune
L’année commune (AC) est le calendrier de la Flanesse. Il est ignoré des Ekbiriens. L’année présente est 592 AC.
Les mois
Les Ekbiriens empruntent aux nomades Paynims les noms des mois : Tigre, Ours, Lion, Grenouille, Tortue, Renard, Serpent, Sanglier, Écureuil, Lièvre, Faucon et Loup.
La durée d’un mois correspond à celle d’un cycle de Luna, c’est-à-dire 28 jours. Ils sont divisés en quatre semaines de 7 jours.
Chaque trimestre se termine par une semaine en dehors du mois, au moment où Célène est pleine, tous les 91 jours. Ces périodes de 7 jours sont les fêtes : Froidenoce, Regain, Chaudenoce et Brassine. L’année dure donc 364 jours.
| Mois ou festival | Saison astronomique | Saison populaire (Nord) | Saison populaire (Sud) |
|---|---|---|---|
| Froidenoce | Solstice d’hiver | ||
| Tigre | Hiver | Hiver tardif (ou mordant) | Hiver |
| Ours | Hiver | Hiver tardif (ou mordant) | Printemps |
| Lion | Hiver | Hiver tardif (ou mordant) | Printemps |
| Regain | Équinoxe de printemps | ||
| Grenouille | Printemps | Printemps | Été naissant |
| Tortue | Printemps | Printemps | Été naissant |
| Renard | Printemps | Été | Été naissant |
| Chaudenoce | Solstice d’été | ||
| Serpent | Été | Été | Été mourant |
| Sanglier | Été | Automne | Été mourant |
| Écureuil | Été | Automne | Été mourant |
| Brassine | Équinoxe d’automne | ||
| Lièvre | Automne | Hiver précoce | Automne |
| Faucon | Automne | Hiver précoce | Automne |
| Loup | Automne | Hiver précoce | Hiver |
Les jours
| Nom baklunien | Nom flan | Divinité | Occupation |
|---|---|---|---|
| Isturia | Starday | Istus | Travail |
| Péloris | Sunday | Pélor | Travail |
| Xanaria | Moonday | Xan Yaë | Travail |
| Akbaris | Godsday | Al'Akbar | Religion |
| Geshtaya | Waterday | Geshtaï | Travail |
| Mouqolis | Earthday | Mouqol | Travail (commerce) |
| Myhrissia | Freeday | Myhrisse | Repos |
Le premier jour de chaque mois et de chaque festival est toujours un isturia. Le 1er akbaris du Tigre est le 4e jour du mois du Tigre.
L'astrologie
Les astrologues ekbiriens se basent sur les relevés des positions des astres, là où la plupart des gens se fient à la température et à la longueur du jour.
Ils étudient les positions du soleil par rapport aux douze maisons du Zodiaque, ainsi que celles des cinq étoiles errantes : Édill, Gnibile, Conatha, Gynsel et Grila.
Les origines mythiques
Dès que l’Homme fut créé, le conflit éclata entre la Lumière et les Ténèbres avec l’Humanité pour enjeu.
Dans ce combat mythique, les Hommes durent se positionner et les choix qu’ils firent furent variés et la division naquit entre eux.
Des héros, cependant, apparurent au sein de l’humanité et acquirent une puissance et une aura considérable. Ils guidèrent une grande partie des Hommes sur la voie de la Lumière. Parmi eux, Azor’Alq et Al Baklunis.
Tharizdun
Finalement, le grand dieu du mal, Tharizdun, fut emprisonné en dehors du monde sensible et son adversaire cosmique sortit lui aussi du monde pour assurer la garde de cette prison.
Cette disparition des deux grands dieux cosmiques rivaux, Tharizdun et Horsis-Ra, est appelée Hégire par les Bakluniens.
Les Hommes durent alors se gouverner seuls. L’Hégire (an 1 HB) marque aussi la fondation de l’empire baklunien par le plus grand de ces héros mythiques, qui devint le premier empereur de la Première Dynastie.
La Deuxième Hégire
Les théologiens akbarites font référence à une Deuxième Hégire pour décrire les années qui ont suivi le Double Cataclysme et le long exode d’Al’Akbar et de ses fidèles vers le nord.
Les empereurs de la Première Dynastie
Les empereurs de la Première Dynastie qui se succédèrent sur le trône de Baklunie avaient une puissance et une majesté qui allaient bien au-delà de celles du commun des mortels. Eux seuls pouvaient s’adresser directement aux dieux et ils étaient eux-mêmes adorés par leurs sujets comme des dieux.
C’étaient des héros divins et un culte leur était rendu de leur vivant et après leur mort qui, elle-même, ne marquait en fait que leur apothéose finale qui les voyait prendre le chemin des Pinacles, ceux qu’on appelle aujourd’hui du nom d’Azor’Alq.
L'Âge d'Or
Les empereurs étaient les intermédiaires entre les Dieux Lointains et l’humanité.
Leur règne constitua l’Âge d’Or de l’empire baklunien. Le peuple vivait dans la prospérité et dans un bonheur sans nuage et partout dans l’Empire, le bien et la loi s’harmonisaient dans l’intérêt commun et de tous.
L'évolution de l'Empire
Cependant, au-delà de l’Empire, les forces maléfiques se reconstituaient.
Les dieux maléfiques engendrés par Tharizdun recueillirent l’héritage de celui-ci et créèrent leurs propres cultes.
Le mal s’insinua dans l’Empire et celui-ci devint progressivement neutre.
Une partie du peuple contesta le statut divin des empereurs et se tournèrent vers des dieux et des êtres de la Balance.
Jalousant le pouvoir des héros divins, des humains étudièrent la magie pour développer leur propre puissance.
C’est ainsi que se développa en Baklunie la magie des éléments et l’invocation des génies.
Les cultes élémentaires et de divinités neutres prirent de l’ampleur jusqu’à ce que la souveraineté de l’empereur soit mise en péril.
Finalement, la Première Dynastie fut renversée et ce fut la fin de l’Âge d’Or.
De nouvelles dynasties se succédèrent sur le trône impérial.
Le culte des héros fut progressivement oublié et avec lui les Dieux Lointains.
Seules des tribus Paynims nomadisant aux confins de l’Empire conservèrent le souvenir de ces dieux et certains d’entre eux restèrent fidèles au culte des premiers empereurs.
Ils conservèrent précieusement les textes sacrés de l’ancienne religion déchue et les récits des exploits des temps héroïques.
Les Dieux Lointains furent nommés par les bakluniens impériaux qui les avaient oubliés les « dieux des Paynims », car seuls les Paynims leur rendaient encore hommage.
Le souvenir de l’Âge d’Or ne disparut cependant pas complètement et beaucoup finirent par le regretter.
Les exploits de la Première Dynastie passèrent dans la mythologie mais le sens profond de l’ancienne religion était perdu.
Les Pinacles ne furent plus tenus que pour un lieu mythique fictif ou disparu et non comme un lieu du monde réel.
Parallèlement, la maîtrise de la magie atteint des sommets inégalés depuis lors.
La caste des prêtres-mages obtint les rênes effectives du pouvoir, ce qui créa une réaction d’opposition dans certaines parties de l’Empire où apparurent diverses factions opposées aux mages.
L’une d’entre elles se développa à partir des monastères inspirés par l’enseignement de Zuoken, un serviteur de la déesse Xan Yaë qui connut l’apothéose et devint demi-dieu.
La guerre des deux empires
L’Empire baklunien finit par se heurter à un empire de très haute antiquité, l’Empire sulois, qui dominait les vastes territoires au sud de la Baklunie, au-delà des monts Sulhauts.
L’expansionnisme naturel de chacun de ces deux empires, allié à la rivalité croissante des mages et des sorciers qui détenaient le pouvoir effectif dans leurs empires respectifs, provoqua le déclenchement d’une longue guerre.
La haine engendra la haine dans une spirale infernale qui fit perdre aux protagonistes tout sens de la mesure et déchaîna des violences inouïes.
La guerre commença en 2175 HB.
Rapidement, toutes les forces des deux empires furent mobilisées et l’on commença à chercher au-delà des frontières de nouveaux soutiens.
En 2194 HB, on commença à employer des troupes humanoïdes comme mercenaires en plus d’utiliser des guerriers de l’ethnie œride.
Les territoires des empires furent tour à tour dévastés par les armées, la magie et par des créatures d’autres mondes invoquées pour détruire.
Les Bakluniens faisaient appel aux forces élémentaires et aux génies alors que les Sulois pactisaient avec les plans inférieurs.
Dans ces heures sombres, nombreux furent ceux qui émigrèrent à la recherche de cieux plus cléments.
L’afflux dans l’Empire des humanoïdes aggrava la situation.
Les peuplades œrides quittèrent en nombre leurs terres ancestrales et pénétrèrent dans la Flanesse en 2202 HB.
Les Sulois commencèrent à émigrer en masse en 2213 HB.
Beaucoup de Bakluniens s’éloignèrent du cœur de l’Empire.
La prédication d'Al'Akbar
Al’Akbar naquit en 2166 HB. Il descendait en ligne directe des empereurs de la Première Dynastie.
Il avait neuf ans (2175 HB) quand la Grande Guerre débuta.
Il fut témoin de la folie collective qui saisit les milieux dirigeants des deux empires et qui provoquait des souffrances croissantes parmi le peuple.
À l’âge de dix-sept ans (2183 HB), il quitta le cœur de l’Empire suite à une disgrâce de sa famille et se réfugia au sein des nomades Paynims.
Là, il découvrit l’ancienne religion des premiers temps et les Dieux Lointains et, à partir de ce moment, il n’eut de cesse de tenter de la restaurer.
Il commença à prêcher dès l’âge de vingt ans (2186 HB) mais sans grand succès initial tellement il était à contre-courant de la volonté destructrice ambiante.
Les textes saints racontent ses multiples exploits.
À plusieurs reprises, il affronta victorieusement des créatures infernales ou abyssales envoyées par les mages sulois, ce qui commença à lui attirer une certaine estime.
Il se distingua aussi dans des actes de paix en réussissant à négocier des trêves, hélas toujours trop courtes.
Il se rendit même dans l’empire sulois pour tenter l’impossible rapprochement.
En 2208 HB, il accomplit le voyage jusqu’aux Pinacles.
Il y rencontra des êtres divins et notamment les héros de la Première Dynastie.
Il fut alors désigné comme successeur officiel des premiers empereurs par les dieux qui lui accordèrent le droit de devenir leur grand prêtre.
Il revint en Baklunie en 2212 HB et sillonna l’Empire pour sauver la paix.
Il prononça plusieurs prophéties et annonça notamment la fin de l’Empire, ce qui lui valut d’être persécuté par les autorités et par les mages-prêtres.
Avec ses compagnons, il échappa aux poursuites mais ne put empêcher sa prophétie de s’accomplir.
Le Double Cataclysme
Le dénouement était prévisible mais il prit une forme particulièrement horrible et soudaine. Les deux calamités du conflit bakluno-sulois frappèrent la même année, en 2238 HB.
La Dévastation Invoquée
En 2238 HB, les mages de pouvoir sulois réussirent à invoquer contre leurs rivaux une magie d’une force apocalyptique, la Dévastation Invoquée. Celle-ci détruisit intégralement l’Empire baklunien à l’exception du site de Tovag Baragu et des provinces les plus éloignées comme la Satrapie de Ghayar dans le Nord. La destruction fut si complète qu’il ne reste aujourd’hui pas la moindre ruine des cités et des monuments de l’Empire. On ignore même la forme exacte de cette destruction et la façon dont elle a agi. Il n’y eut que peu de survivants et ceux-ci portaient les stigmates atroces de la Dévastation Invoquée sur leurs corps.
Les textes sacrés écrits par le Prophète et ses compagnons en gardent cette description.
« Une onde inconnue balaya le pays...
Les édifices s’effondrèrent comme lors d’un tremblement de terre.
Mais la terre ne tremblait pas.
Tous les êtres vivants de la contrée dépérirent. Si certains survécurent, la plupart succombèrent.
Il y eut un vent hurlant et noir...
Sous son étrange souffle, les ouvrages faits de la main de l’homme tombèrent en ruine comme si le temps s’était mis à s’écouler mille fois plus vite.
Les êtres vivants subirent eux aussi un vieillissement accéléré mais moins intense.
Les arbres poussant brutalement épuisèrent le sol et moururent.
Les animaux vieillirent et moururent.
Les enfants devinrent des adultes mais manquèrent d’aliments pour croître, et moururent.
Seule une poignée de jeunes adultes purent survivre transformés en vieillards chancelants.
Les dépouilles des morts furent visibles pendant quelques temps mais les maisons étaient réduites à néant.
Tout devint poussière.
Le pays était complètement dévasté pour de nombreux siècles. »
La Pluie de Feu Incolore
Regroupés dans les Cercles de pierre de Tovag Baragu, les prêtres-mages bakluniens et le dernier empereur lancèrent en réponse la terrible Pluie de Feu Incolore sur la terre suloise : l’Empire sulois sous les flammes. Cette magie des prêtres-mages bakluniens fut tout aussi apocalyptique que la Dévastation Invoquée, car elle transforma ce riche pays en une abominable désolation sans nom connue aujourd’hui sous le nom de Mer de Poussière. La contrée devint complètement inhabitable. Toute la terre suloise fut consumée par cette pluie de feu et seules quelques ruines émergent encore de nos jours de l’épaisse couche de cendres caustiques qui recouvrent le pays tout entier.
La Coupe et le Talisman
Épuisés par la terrifiante magie qu’ils avaient déchaînée et soumis eux aussi aux effets délétères de la Dévastation Invoquée, la plupart des prêtres-mages, et notamment les plus puissants, moururent. Les survivants de l’Empire se regroupèrent autour de Tovag Baragu ne sachant plus quel dieu implorer. C’était une horde de désespérés, de traumatisés, meurtris dans leur chair et qui ne survivaient qu’à grand peine.
Al’Akbar était parmi eux et ni lui, en dépit de son âge avancé de soixante-douze ans, ni ses fidèles compagnons n’avaient été atteints par le cataclysme, grâce à la protection des dieux des Paynims. Ce premier miracle impressionna fortement les Bakluniens qui le supplièrent de les aider. Al’Akbar entra alors au cœur des Cercles de Pierre et implora le pardon des dieux pour les fautes de son peuple.
Après plusieurs jours de prière, il fut entendu. Des messagers célestes franchirent les portes de Tovag Baragu portant au prophète les Saintes Reliques, la Coupe et le Talisman, dons des dieux.
Grâce au pouvoir des reliques, Al’Akbar put soigner son peuple et vaincre les créatures des plans inférieurs qui infestaient la contrée. Des hordes innommables venant de la Gaste Grise avaient été appelées en grand nombre avec l’aide d’un artefact connu sous le nom de Porteur Fatal et ces hordes torturaient, massacraient et semaient l’effroi partout sur leur passage. Le pouvoir des Reliques permit de les détruire et de les bannir.
L’ensemble des survivants se convertit alors à la religion prêchée par Al’Akbar et le tint pour leur guide. Le dernier empereur renonça à son trône et confia au divin prophète la destinée des Bakluniens.
L'Exode
Les terres de l’empire étant devenues pour longtemps impropres à la vie, Al’Akbar emmena le peuple vers le Nord à la recherche d’une terre d’accueil. Ils traversèrent les terres dévastées jusqu’à la passe de Kester. Là, ils rencontrèrent des populations œrides, les Yorodhis. Ceux-ci furent vivement impressionnés par Al’Akbar et les reliques et un accord fut conclu permettant aux réfugiés de traverser le territoire des Yorodhis. Continuant leur chemin vers le nord, les Bakluniens durent affronter de nombreux périls, notamment des hordes d’humanoïdes et des tribus d’Œrides moins bien disposées que les Yorodhis.
Heureusement, l’aide de tribus Paynims venues à la rescousse d’Al’Akbar, leur ancien hôte, ainsi que les pouvoirs curatifs miraculeux de la Coupe et du Talisman permirent aux Akbarites de triompher de tous les obstacles.
L’Exode dura cinq années et les textes sacrés en font le récit détaillé.
Durant cette période, le prophète accomplit de nombreux miracles et fit élever des stèles commémoratives sur son passage ainsi que des cercles de pierre, élevés afin de pallier l’absence de temples et de prier les dieux.
La fondation d'Ekbir
Les réfugiés atteignirent finalement la Tuflik qu’ils franchirent et dont ils suivirent ensuite le cours jusqu’à l’océan. Puis, ils longèrent les côtes du Dramidj vers le nord à la recherche d’un site propice. C’est ainsi que la ville d’Ekbir fut fondée en 2243 HB (6 AA) sur un éperon rocheux dominant un port naturel.
Après avoir donné des instructions aux siens, Al’Akbar s’embarqua l’année suivante, en 2244 HB (7 AA), pour les Pinacles en compagnie du dernier empereur et des principaux survivants de la dernière dynastie. Il reçut des dieux la confirmation de sa mission et fut sacré nouveau médiateur entre l’humanité et les Dieux Lointains et successeur des premiers empereurs.
Les gardiens des Pinacles permirent que l’empereur et ses héritiers trouvent refuge aux Pinacles jusqu’à leur mort et qu’ils y soient inhumés. Al’Akbar revint la même année à Ekbir et régna dix années sur le peuple ekbirien pendant lesquelles il fit construire un grand temple à sa nouvelle religion. Pour protéger Ekbir des incursions de pillards, un grand mur d’enceinte flanqué de tours fut élevé.
Le savoir de l’Empire fut consigné dans les profondeurs du Zashassar qui fut aussi bâti à cette époque selon les directives du prophète.
L'apothéose d'Al'Akbar
Al’Akbar mourut en 2255 HB (18 AA) à l’âge de quatre-vingt-neuf ans.
Son corps mortel fut pieusement recueilli et un mausolée monumental lui fut bâti.
La construction de ce mausolée dura de longues années et devint lieu de pèlerinage.
Cependant, les témoins racontèrent que l’esprit d’Al’Akbar prit forme visible auprès de sa dépouille et qu’il réapparut dans un corps céleste.
Ayant rassuré ses fidèles, il descendit vers la mer où une nef blanche l’attendait sur laquelle il s’embarqua.
La nef disparut dans la brume en direction des Pinacles.
Al’Akbar, devenu ainsi un demi-dieu, ne disparut pas pour autant pour ses fidèles.
Il continue d’être présent en eux et de répondre à leurs prières et ses prêtres bénéficient de ses pouvoirs miraculeux.
Les successeurs
Al’Akbar parti, son fils unique, Issar-Vastra, prit sa succession.
Le fils de ce dernier, Ourva-Nar, mourut du vivant de son père et la lignée du prophète s’éteignit à la mort d’Issar-Vastra.
On nomma pour le remplacer un prêtre de haut rang et de lignée royale qui prit le titre de Successeur ou Calife.
La croyance selon laquelle Ourva-Nar ne serait pas mort mais occulté et serait le Mahdi qui reviendra à la fin des temps pour sauver le Monde est très répandue.
Pendant les vingt années qui suivirent l’apothéose d’Al’Akbar, les enseignements de celui-ci furent méthodiquement consignés et étudiés.
Les textes sacrés furent compilés depuis les récits mythiques de la Première Dynastie jusqu’aux chroniques de la vie d’Al’Akbar.
Les hymnes traditionnels pieusement conservés par les Paynims au cours des siècles furent méticuleusement copiés de même que les prescriptions liturgiques d’Al’Akbar.
Les directives simples du prophète concernant le gouvernement, le commerce et l’agriculture furent détaillées.
En peu d’années, Ekbir devint un pays ordonné, un îlot de stabilité et de prospérité dans le monde chaotique de l’époque des grandes invasions.
Des missionnaires furent envoyés de par le monde pour prêcher la doctrine d’Al’Akbar.
Ils connurent des succès variables selon les endroits.
La satrapie de Ghayar, ancienne province excentrée de l’Empire, demeura hostile aux Akbarites et revendiqua l’héritage impérial.
Dans les plaines des Paynims, des confréries religieuses akbarites se constituèrent et devinrent les ordres de derviches.
Les Paynims restèrent dans leur ensemble fidèles pendant de longues années aux Successeurs et placèrent les armes d’Ekbir sur leur propre emblème en signe de fidélité.
Cet emblème ekbirien est toujours présent sur la bannière des Paynims même si la fidélité au calife est oubliée depuis longtemps parmi les nomades, les derviches exceptés.
Le Grand Califat
Lorsque Ozef le guerrier parvint à mettre fin au pouvoir des satrapes de Ghayar, il fonda le sultanat de Zeif et se plaça sous l’autorité spirituelle du calife d’Ekbir.
Cette période marqua l’apogée du califat qui réunissait alors sous son autorité quasiment tous les peuples bakluniens, depuis Tovag Baragu et Zeif jusqu’aux Yatils.
Malheureusement, le grand califat fut éphémère.
Ozef mourut peu de temps après et le sultanat de Zeif sortit progressivement de l’influence ekbirienne pour devenir un état indépendant et expansionniste.
Les Paynims devinrent eux aussi de plus en plus indépendants et divisés.
Les pays bakluniens entraient à nouveau dans des temps troublés.
Oudmey, Azourma et Fragorox
Le règne d’Oudmey s’est étalé de 2387 HB à 2437 HB (150-200 AA).
Le calife Oudmey
Le calife qui régnait à cette époque était un homme brillant et un visionnaire.
Son pontificat est l’un des plus glorieux de toute l’histoire d’Ekbir.
Il se nommait Oudmey et son association avec Azourma fut l’une des plus fructueuses qu’on puisse imaginer.
La sagesse et l’érudition d’Oudmey étaient parfaitement complétées par la force et la vaillance d’Azourma.
Le paladin Azourma
Durant cette période, un guerrier du nom d’Azourma accomplit des exploits héroïques aujourd’hui légendaires et contés dans des chansons de geste chantées à travers le monde par des bardes et des troubadours.
Le paladin Azourma fut l’un des plus grands paladins de l’histoire.
Il est certainement le plus célèbre dans tous les pays bakluniens.
Défenseur d’Ekbir et de la foi akbarite, il se battit sans relâche contre les ennemis de son pays et le calife Oudmey lui confia le commandement d’armées entières.
Très vite, son exemple inspira d’autres guerriers et on peut dire qu’il fonda la tradition chevaleresque ekbirienne.
Azourma et ses preux compagnons, tous de vaillants paladins, combattirent les ennemis du Califat, portant même la guerre chez leurs adversaires, accumulant les victoires au point qu’ils découragèrent toute tentative d’invasion d’Ekbir pour plusieurs décennies.
Azourma et ses compagnons eurent à combattre des créatures des mondes inférieurs, diables, démons et autres fiélons, avec un tel succès que le souvenir d’Azourma et de son épée fait encore trembler les hordes maléfiques au plus profond de leurs plans.
Le dragon Fragorox
Oudmey était lui aussi un homme courageux qui n’hésitait pas à payer de sa personne.
Ainsi, lorsque l’Ekbirie fut ravagée par un terrible dragon du nom de Fragorox, Oudmey se joignit à Azourma et à ses paladins pour lui donner la chasse.
Fragorox était d’une puissance apocalyptique et d’une intelligence redoutable.
Il était à la fois d’une cruauté sans limites et d’une roublardise perverse.
Le combat contre Fragorox dura dix années pendant lesquelles le dragon fit régner la terreur dans tout le pays et même dans les pays voisins.
Finalement, Oudmey et Azourma en vinrent à bout avec l’aide de mages du Zashassar et le monstre fut vaincu dans son antre de l’île de Murenshi.
Durant les siècles qui suivirent, Fragorox fit l’objet d’un culte. Ses adorateurs, soutenus par les Ataphades, puis récemment par Iuz, cherchaient à rappeler à la vie leur maître draconique.
Leurs efforts furent couronnés de succès en 597 CY (3256 HB, 1019 AA), durant l’interactif Le Choc des Titans (Clash of the Titans), où Fragorox contribua à la libération de la Coupe et du Talisman d’Al’Akbar.
L'ordre des Faris
Ce fut Oudmey qui institua l’ordre des Faris.
Cet ordre religieux de chevalerie dédié à Al’Akbar fut créé sur l’exemple des confréries religieuses akbarites et des ordres de derviches.
L’aspect militaire fut cependant renforcé et sa mission fut la défense du pays, de l’église et des pèlerins et de contrer la menace des pillards montés des steppes.
C’est ainsi que, d’emblée, les faris furent des cavaliers lourds dont les qualités équestres sont devenues légendaires.
Azourma fut naturellement le premier maître ou cheikh de l’Ordre des Faris.
La marine de guerre
Oudmey supervisa aussi la création de la marine de guerre d’Ekbir.
De génération en génération, les Ekbiriens étaient devenus des marins accomplis et leur talent permit de constituer une flotte efficace.
La taille et la qualité de cette flotte furent rapidement augmentées et Ekbir put ainsi dominer la majeure partie des mers occidentales pendant les quatre siècles suivants.
Cette domination favorisa le commerce et les voyages et bénéficia à de nombreux pays.
Le vol des Reliques et le schisme
Les quatre siècles qui suivirent furent des siècles de prospérité et de gloire pour Ekbir.
Si le Sultanat de Zeif s’étendait sur un territoire plus vaste, allant de Ket jusqu’à la côte Bakhourite, le prestige d’Ekbir était plus considérable.
La cité d’Ekbir abritait le mausolée d’Al’Akbar, but d’un pèlerinage de plus en plus populaire dans tous les pays bakluniens, ainsi qu’un temple prestigieux qui servait d’écrin aux deux reliques divines, la Coupe et le Talisman.
Le Zashassar d’Ekbir ainsi que de grandioses monuments comme le pinacle d’Oudmey contribuaient au prestige du Califat.
La montée des États ataphades
Malheureusement, la domination maritime ekbirienne prit progressivement fin après quatre siècles à cause de la résurgence de la puissance des États ataphades.
Les Ataphades descendaient d’éléments corrompus et dégénérés de l’ancien empire baklunien qui avaient trouvé refuge sur ces îles éloignées, à l’époque, de toute civilisation.
Là, ils purent se livrer à d’abominables pratiques de sorcellerie qui les transformèrent progressivement en créatures mi-humaines mi-monstrueuses.
Bien évidemment, les Ataphades s’opposèrent aux Ekbiriens et finirent par constituer une puissance capable de tenir tête au calife.
Ils se livrèrent à la piraterie et leurs déprédations furent amplifiées par celles de créatures aquatiques maléfiques, les Sahuagins.
La navigation sur l’Océan Dramidj devint alors extrêmement périlleuse et la prospérité d’Ekbir et des pays voisins en fut affectée.
Le vol des reliques
L’événement le plus dramatique survint cependant en 641 AA (2878 HB).
Durant la 16e procession de la Bénédiction, la Coupe et le Talisman furent sortis du grand temple par le grand mufti conformément à la tradition.
La procession fut immédiatement attaquée par des elfes étranges, aussi grands que des humains, qui parvinrent à voler les Reliques et à s’enfuir, emportés par des aigles géants, à travers les plaines des Paynims en direction des Pics-Barrières.
Ce vol causa une grande consternation dans tout le pays d’Ekbir et au-delà.
Le grand mufti fut tenu responsable du vol et fut banni d’Ekbir.
Il se réfugia parmi les montagnards des Yatils et, quelques années plus tard, il fonda une nouvelle religion dédiée à Al’Akbar qu’il appela la Foi Véritable.
Il proclama sa souveraineté spirituelle sur tous les Akbarites et décréta que le calife d’Ekbir n’était plus le successeur d’Al’Akbar.
Ce fut le grand schisme akbarite.
Le grand schisme akbarite
Ceux qui restèrent fidèles au calife, notamment tous les ekbiriens ou presque, furent appelés ekbirites et leur religion fut appelée la Foi Exaltée.
Pour ces derniers, appeler Foi Véritable la religion créée par le grand mufti des Yatils était impensable et ils la surnomment Yatilisme et la tiennent pour hérétique.
De nos jours encore, yatilite est presque un synonyme pour hérétique dans tout le pays d’Ekbir et parmi les partisans de la Foi Exaltée qui sont nombreux même en dehors d’Ekbir.
La quête de la Coupe et du Talisman
Retrouver la Coupe et le Talisman d’Al’Akbar devint une quête sacrée pour les ekbirites et un ordre de chevalerie voué à cette quête fut créé.
Les deux reliques ne furent pas retrouvées même si elles ont semblé refaire surface de temps à autre dans la Flanesse.
Les dernières rumeurs prétendent qu’elles se trouveraient quelque part dans la partie sud-est des Royaumes-Bandits.
La Horde d'Airain
Le sultanat de Zeif, soumis à d’incessantes attaques de la part des nomades Paynims et à de constants pillages de leurs caravanes, décida de faire appel à d’autres peuplades nomades vivant loin dans l’Ouest.
Zeif offrit à ces peuplades de Paynims occidentaux (ou amirides) de nouvelles terres entre le sultanat et les Paynims orientaux (ou khanides) à condition qu’ils arrêtent les expéditions des Paynims khanides sur le sultanat.
La proposition fut acceptée et la terrible Horde d’Airain déferla sur le Nord des plaines, repoussant les Paynims khanides devant eux.
Mais la Horde d’Airain ne s’arrêta pas là.
Elle poursuivit ses conquêtes vers l’est, bousculant devant eux les peuplades vaincues.
Ils envahirent Ull ainsi que les territoires à l’est de la Tuflik jusqu’à Ket, qu’ils conquirent dans les années 720 AA (2957 HB).
La seconde migration
L’irruption de la Horde d’Airain dans les plaines des Paynims bouscula devant elle d’innombrables peuplades bakluniennes et œridiennes vaincues. Elles furent contraintes à émigrer à la recherche de nouveaux territoires.
Elles se rassemblèrent et se dirigèrent vers le nord le long des routes de pèlerinage qui les amenèrent sur le territoire d’Ekbir où elles pénétrèrent en 738 AA (2975 HB).
Le massacre de Zafreh
Le Califat établit des camps de réfugiés près de la Blashikmund, notamment à Zafreh, et envoya des gardes pour maintenir l’ordre.
La même année, deux bandes encore plus grandes de nomades entrèrent sur le territoire d’Ekbir et refusèrent de prêter allégeance au calife.
Au contraire, elles incitèrent les tribus qui les avaient précédées à se révolter contre le calife.
Dans la révolte, les gardes ekbiriens furent massacrés et les nomades quittèrent le campement pour se diriger en masse vers le nord, à travers le pays d’Ekbir qu’ils pillèrent et ravagèrent en chemin.
L’armée ekbirienne leur donna la chasse mais les nomades réussirent à atteindre les collines Yecha en moins de deux semaines grâce à une aide magique aussi mystérieuse qu’inattendue.
Ces peuplades mixtes œrido-bakluniennes arrivèrent donc dans les vastes steppes au nord d’Ekbir et des Yatils, en une fuite éperdue après avoir connu la défaite et l’exil.
La Horde Implacable
Mais en quelques années, elles se réorganisèrent et formèrent une armée puissante que l’on nomma la Horde Implacable.
Celle-ci déferla à partir de 742 AA (2979 HB) sur la Flanesse, au nord des Yatils, et envahit ou dévasta des territoires immenses, atteignant les Monts Griffons à l’est et le Nyr Dyv au sud.
Les déprédations de ces tribus furent d’autant plus destructrices que le Grand Royaume vivait une grave crise interne durant laquelle ses provinces périphériques acquirent leur indépendance.
Le Kha-Khan Ogobanuk
Il y a de cela près de 300 ans, les nomades déferlèrent sur Ekbir. À la tête de la cavalerie paynim, le Kha-Khan Ogobanuk, par sa sauvagerie et son audace, fit subir au califat une cuisante défaite et entraîna la mort de nombreux et valeureux guerriers. Fashtri fut l’une des premières cités à tomber sous ses coups, tant et si bien qu’il n’en resta bientôt plus que des ruines. Une compagnie de faris parvint à mettre à mort l’un de ses principaux lieutenants dans une furieuse bataille où le rapport de force était d’un contre six en faveur des nomades. Retrouvant leur moral perdu, les Ekbiriens parvinrent au bout de plusieurs mois à repousser la cavalerie au nord de l’actuelle frontière.
Surpris par tant de pugnacité, Ogobanuk décida de se tourner vers le nord en se promettant de revenir se venger. Sa mort sur le champ de bataille, en 767 AA (3004 HB), l’empêcha de tenir promesse. Une profonde angoisse habita le cœur des Ekbiriens jusqu’à son décès.
La Horde Implacable finit alors par être contenue mais se maintint sur les plaines entre l’océan Dramidj et la Dulsi. Les anciennes tribus se sédentarisèrent et formèrent les Nomades-Tigres, ou Hommes-Tigres (Chakyik), et les Nomades-Loups, ou Hommes-Loups (Wegwiur).
La défaite de la Horde d'Airain
Ekbir réagit avec force.
Après avoir chassé les tribus oerido-bakluniennes vers le nord, l’armée ekbirienne entra dans la province de Tusmit qui appartenait au sultanat de Zeif et en prit le contrôle après une bataille victorieuse contre la Horde d’Airain.
Un pacha loyal au calife fut installé à la tête de Tusmit qui resta un état vassal d’Ekbir pendant deux siècles.
La Horde d’Airain garda le contrôle de Ket et lança des expéditions de pillage vers l’est jusqu’à Véluna et à Bissel. Ce fut le royaume de Kéoland, alors à son apogée, qui parvint à infliger une défaite décisive à la Horde d’Airain en envahissant victorieusement le pays de Ket dans les années 770-780 AA (3007-3017 HB).
La Horde d’Airain ne se remit jamais de cette défaite et fut définitivement repoussée vers les steppes où les Paynims khanides purent contester âprement sa domination.
Les Paynims connurent deux siècles de guerres intestines incertaines.
Zeif perdit définitivement ses provinces de Tusmit et de Ket lors de ces guerres et même sur mer, le sultanat essuya un revers cuisant lors de la Bataille sous les ondes.
Les habitants de Ket finirent par bouter les Kéolandais hors de leur pays, grâce au soutien du grand mufti des Yatils, et devinrent indépendants.
Les événements récents
Les Chakyiks menacent Fashtri
Avant l’exploitation des mines, les collines de Yecha étaient une zone neutre. La limite sud formait la frontière d’Ekbir, la limite nord celle des territoires de chasse des Nomades-Tigres. Entre les deux, on rencontrait des patrouilles de mercenaires ekbiriens, des raiders nomades, quelques bergers, et surtout beaucoup de créatures humanoïdes.
En 3237 HB (1000 AA, 578 CY), le Bey Dompor de Fashtri a déclaré que les collines de Yecha faisaient partie du royaume d’Ekbir. Ces mots n’eurent que peu de portée car les nomades n’ont jamais reconnu aucune frontière, et de surcroît, les deux expéditions de prospection envoyées dans les collines furent décimées par des humanoïdes descendus des Yatils.
Cette douloureuse expérience avait fini par convaincre le Bey qu’il était plus intéressant de laisser les barbares nomades exploiter les mines au péril de leur vie et leur racheter leur production à bas prix, que d’essayer de les exploiter directement. Malheureusement, le Khan de Yecha, oncle de l’Ilkhan des Chakyiks, avait pris ombrage des paroles du Wali et durant l’été 578 CY, une force de plus de 10 000 cavaliers nomades s’est massée au pied des Yecha et s’est dirigée vers Fashtri.
Seule la rapide intervention de la cavalerie de l’askar d’Ekbir, accompagnée d’une démonstration de force des plus grands mages du Zashassar et, surtout, de l’exécution du Bey Dompor a permis de limiter les pertes humaines et d’éviter la razzia, voire la destruction de Fashtri. Un accord rétablit ensuite le statu quo territorial.
Traduction de Dragon n° 56 (décembre 1981) par E. Gary Gygax, « News of the north central Flanaess — Iuz before and after ». Printemps 578.
Iuz a envoyé une armée dans le nord afin de s’emparer de la malheureuse ville d’Eru-Tovar, la seule vraie ville du peuple du Loup, la fierté de son Tarkhan. Comme si Istus le souhaitait, les Chakyiks (Nomades-Tigres) étaient eux-mêmes intéressés par une aventure contre Ekbir, et ils furent très heureux de conclure une trêve. Cela a permis de rassembler une horde de 20 000 Nomades-Loups pour confronter et repousser les envahisseurs.
L'exécution du Bey de Fashtri
L’exécution du Bey de Fashtri a marqué les esprits en son temps. L’explication officielle est que le Bey a outrepassé ses droits, pris une décision mettant en jeu les intérêts du Califat (et de la famille Yundilla), et provoqué la mort de nombreux ekbirites et d’importantes destructions, de façon complètement unilatérale.
Certains essaient de spéculer sur les vraies raisons de cette sanction radicale, et sur les vraies causes qui ont provoqué la colère unanime des nomades-tigres et ont abouti à la constitution d’une horde de 10 000 cavaliers.
D’aucuns prétendent que le Bey, sur les ordres du Nayib Yundilla, aurait commandité un acte sacrilège vis-à-vis des Chakyiks, dans le but de les provoquer au combat, et ainsi de justifier une contre-offensive puissante et une pacification rapide des Yechas par les troupes d’Ekbir.
Malheureusement, la réaction des nomades fut bien supérieure aux attentes des stratèges Yundilla, et le Bey paya de sa vie son implication dans ce plan.
Les Guerres de Greyhawk
Ekbir est resté largement en dehors des événements qu’on a appelés les Guerres de Greyhawk (582-584 CY, soit 3241-3243 HB, 1004-1006 AA).
Le Califat a condamné l’alliance de Ket avec Iuz et, de manière générale, s’est montré solidaire avec les adversaires de Dorakaa, particulièrement avec Véluna et la Furyondie.
Son soutien est cependant resté au niveau diplomatique et commercial.
Beaucoup reste à faire sur le plan diplomatique avant d’envisager une alliance réelle d’Ekbir avec des pays orientaux.
La course d'Aboun Ety
En 3250 HB (1013 AA, 591 CY) se court la course d’Aboun Ety. L’arrivée se tient à Fashtri.
Tensions avec Tusmit
La suzeraineté du Califat d’Ekbir sur Tusmit prit fin récemment lorsque le pacha de Tusmit Jadhim Orem fut renversé par Muammar Qharan.
Ce dernier prêta allégeance au sultan de Zeif et s’attira l’hostilité à la fois de la Foi Exaltée et de la Vraie Foi.
Les relations entre Tusmit et Ekbir ainsi que celles entre Zeif et Ekbir se détériorèrent rapidement et la paix est actuellement bien fragile.
Le sultan et le calife revendiquent tous deux la prééminence sur les pays bakluniens.
Les navires de chaque pays sont continuellement harcelés dans les ports de l’autre pays lorsqu’on ne leur interdit pas purement et simplement l’entrée au port.
En tout état de cause, l’armée ekbirienne se tient prête à défendre le pays.
Le retour du Mahdi
Parmi les Paynims est apparu un grand chef charismatique que les derviches tiennent pour le Mahdi, c’est-à-dire le sauveur de la fin des temps et le descendant d’Al’Akbar.
Le Mahdi est en passe d’unifier toutes les tribus paynims sous son commandement, ce qui constituerait une force militaire de premier ordre.
Pour le moment, les autorités ekbiriennes ne savent pas à quoi s’en tenir en ce qui concerne ce Mahdi.
La menace ataphade
La menace des Ataphades est toujours présente et le bruit court qu’ils auraient conclu une alliance avec les Nomades-Tigres.
Le présent du calendrier ekbirien est 3251 HB, soit 1014 AA et 592 AC (CY).
Chronologie
Deux écarts fixes relient les trois calendriers. L’année commune s’écrit AC ou CY : 3250 HB = 591 CY, et 3237 HB = 578 CY, car l’année commune est l’année baklunienne moins 2659. 3251 HB = 1014 AA = 592 CY : l’année d’Al’Akbar est l’année baklunienne moins 2237, et 2238 HB est l’an 1. Les années 2183 et 2186 sont l’âge d’Al’Akbar compté depuis 2166 HB.
| HB | AA | CY | Événement |
|---|---|---|---|
| 1 | −2658 | Hégire. Le plus grand des héros mythiques fonde l’empire et devient le premier empereur de la Première Dynastie. | |
| 2166 | −493 | Naissance d’Al’Akbar, descendant direct des empereurs de la Première Dynastie. | |
| 2175 | −484 | Début de la guerre entre les empires sulois et baklunien. Al’Akbar a neuf ans. | |
| 2183 | −476 | À dix-sept ans, Al’Akbar quitte le cœur de l’Empire après la disgrâce de sa famille et se réfugie chez les Paynims. | |
| 2186 | −473 | Il commence à prêcher, à vingt ans. | |
| 2194 | −465 | Emploi de mercenaires œrides et humanoïdes. | |
| 2202 | −457 | L’afflux d’humanoïdes aggrave la guerre. Les Œrides pénètrent dans la Flanesse. | |
| 2208 | −451 | Voyage aux Pinacles. Al’Akbar y rencontre les héros de la Première Dynastie et les dieux le désignent successeur et grand prêtre. | |
| 2212 | −447 | Il revient en Baklunie et sillonne l’Empire pour sauver la paix. | |
| 2213 | −446 | Les Sulois émigrent en masse. Beaucoup de Bakluniens s’éloignent du cœur de l’Empire. | |
| 2238 | 1 | −421 | Double Cataclysme. Dévastation Invoquée, puis Pluie de Feu Incolore. Al’Akbar a soixante-douze ans. Pardon, Coupe et Talisman, début de l’Exode. |
| 2243 | 6 | −416 | Fondation de la ville d’Ekbir, après cinq années d’Exode. |
| 2244 | 7 | −415 | Al’Akbar s’embarque pour les Pinacles, puis revient la même année. |
| 2255 | 18 | −404 | Mort d’Al’Akbar à quatre-vingt-neuf ans, et apothéose. |
| 2387 | 150 | −272 | Début du règne d’Oudmey. Exploits d’Azourma. Marine de guerre et ordre des Faris. |
| 2437 | 200 | −222 | Fin du règne d’Oudmey. |
| 2878 | 641 | 219 | Vol de la Coupe et du Talisman, durant la 16e procession de la Bénédiction. Grand schisme. |
| 2957 | 720 | 298 | La Horde d’Airain envahit Ull et conquiert Ket. |
| 2975 | 738 | 316 | Seconde migration. Les peuplades chassées par la Horde entrent en Ekbir. Massacre de Zafreh. |
| 2979 | 742 | 320 | La Horde Implacable déferle au nord des Yatils, jusqu’aux Monts Griffons et au Nyr Dyv. |
| 3004 | 767 | 345 | Mort du Kha-Khan Ogobanuk sur le champ de bataille, après la ruine de Fashtri. Les faris tuent l’un de ses lieutenants. Chakyiks et Wegwiurs. |
| 3007–3017 | 770–780 | 348–358 | Kéoland conquiert Ket et brise la Horde d’Airain. |
| 3237 | 1000 | 578 | Les Chakyiks menacent Fashtri. Exécution du Bey Dompor. Trêve des Chakyiks avec les Wegwiurs contre Iuz à Eru-Tovar. |
| 3241–3243 | 1004–1006 | 582–584 | Guerres de Greyhawk. Ekbir reste à l’écart, condamne l’alliance de Ket avec Iuz, et soutient Véluna et la Furyondie sur le plan diplomatique et commercial. |
| 3250 | 1013 | 591 | Course d’Aboun Ety. L’arrivée se tient à Fashtri. |
| 3251 | 1014 | 592 | Présent. Fin de la suzeraineté sur Tusmit : Muammar Qharan renverse Jadhim Orem. Retour du Mahdi chez les Paynims. Rumeur d’alliance des Ataphades avec les Nomades-Tigres. |
| 3256 | 1019 | 597 | Fragorox est ramené à la vie durant Le Choc des Titans. Il contribue à la libération de la Coupe et du Talisman. |