EKB2-03
Un Parfum de Rose
EKB2-03. Aventure régionale Living Greyhawk en un round, pour Ekbir. Personnages de niveau 1 à 8. La présence de mages, de sorciers ou d’hommes de la nature peut servir, sans être indispensable. Premier volet de la campagne Arcanes d’un autre temps (L’Héritage d’Artaxoës). Le suivant est Consumé par son amour.
Sommaire
Auteurs
Gérald Colliou. La version d’origine est le scénario régional EKB2-03, Un Parfum de Rose, en un round, © 2000. Le fichier joint est la version 2.
Notice
Lorsque que les essences du passé fleurissent au présent, le plus dur est de savoir si le doux parfum qui s'en dégage n'a pas attiré la corruption qui bien souvent flétrit les belles choses. Sur le chemin d'un rêve ancien, nos héros sauront-ils éviter les écueils du passé, pour s'enivrer les sens de tant de beauté et de majesté.
Lieux
L’aventure commence dans une auberge de Fashtri.
- La route du Kardérée, haute vallée de la Jugane, puis le Tashbayir et le Belmagar.
- Diyarbakir, dans le Tashbayir.
- L’Auberge de la Rivière.
- La tour de Jabir, à quelques heures de marche, dans la forêt.
- Les souterrains, puis la grotte du rosier.
Kalat-Kara, au bord du Hadash, est sur cette route. L’aventure n’y entre pas.
PNJ principaux
Hassan Mour. Diplomate de la famille Doukkali, et l’un de ses intermédiaires. Grand voyageur, malgré les apparences. Il a fait le ménage dans les papiers des aïeux et y a trouvé le journal d’Hassim Doukkali, plus des pièces comptables. Il aborde les personnages au dessert, dans un salon privé, parce qu’on lui a dit qu’ils étaient de confiance. Trois accroches sont prévues. Après le Festival des Chevaliers, par la garde ou par le Djebli de ce scénario. Par le capitaine Girad Al’Melik, de la famille Kel’igan, qui donne leur signalement s’il sait qu’ils sont en ville. Ou par un marchand du Mouqollad qu’ils ont déjà escorté : le texte écrit Azir, et cite Excursion d’après-midi. Hassan charge les personnages de retrouver les notes de Jabir dans la tour. Il paie le voyage, et promet un dédommagement à la hauteur de ce qu’ils rapporteront. Il fournit des extraits du journal, et d’autres s’ils insistent. Il veut qu’ils partent le plus tôt possible. Chevaux, tentes et vivres sont prêts dès le lendemain midi. Il laisse un ou deux jours de préparation. Il présente le revers de fortune comme le fruit des sommes engagées à perte. C’est un demi-mensonge. Ce n’est pas la dépense qui a ruiné l’influence de la maison, c’est de n’avoir jamais reçu les travaux de l’alchimiste. Le chef actuel de la maison n’est pas nommé, et ne paraît pas. Ancienne maison de bois, à Fashtri, puis les bois rares de l’Udgru. Hassim Doukkali, l’ancêtre du journal, ne paraît pas non plus. Dans les cercles informés du Mouqollad, on murmure une alliance avec les Kel’igan : l’argent de l’une contre un secret de l’autre. Le module ne dit pas si ce secret est la rose. La maison Kel’igan n’envoie personne, sauf si l’accroche passe par Girad. Jabir Ibn Hayyan ne paraît pas : une mauvaise manipulation a dévasté une partie du laboratoire et a sûrement causé sa mort. Le module ne décrit pas son corps.
Al Farouk. Chef des brigands de la tour. Colosse barbu de deux mètres, botté, robe de bure, armure de cuir dessous. Il se fait passer pour un adepte de la Vraie Foi en mission de conversion, demande une participation, traite de mécréants ceux qui refusent, et fait charger. Ses hommes ne font jamais de prisonniers. Il hait les mages et les prêtres, et les fait viser en premier. S’il perd l’avantage, il entre en rage. Si les pertes dépassent deux contre un, la bande tente de fuir. Le jour de l’arrivée, il est à Kalat-Kara pour écouler un grand coffre de vaisselle d’étain, avec une bonne partie de ses hommes. Un incident de commerce les retient une nuit de plus. Ils ne reviennent que le lendemain soir. L’épilogue le dit affilié à la secte draconique de Fragorox. Une rumeur de Diyarbakir, sans le nommer, parle d’un homme de grande taille en robe de bure, dont le style d’épée est celui des maîtres d’armes de la confrérie Tayyib de Fashtri.
PNJ secondaires
Les brigands de la tour. Le module ne les nomme pas. Ils rançonnent les voyageurs, cachent le butin dans la tour, puis le revendent à Kalat-Kara ou plus au sud sous l’apparence de marchands. Une charrette à bras est dissimulée dans la forêt. En l’absence d’Al Farouk, nul ne doit sortir. La porte est bloquée de l’intérieur par une grosse pierre. Une partie joue et dort à la cave. L’autre guette par les brèches de l’étage. S’ils voient les personnages arriver ouvertement, ils croient que leur chef est tombé et qu’une milice vient les liquider. Ils se battent jusqu’au dernier. Leur nombre change avec l’échelon. Pris vivant, l’un d’eux cache d’abord qu’Al Farouk vit encore. Il finit par avouer le signal : le soir, une lanterne allumée entre les murs ouest, visible depuis une autre colline, veut dire que tout va bien. Ils sont sincèrement persuadés que le chef rentre le soir même. Une rumeur du village les rattache à la troupe du Chevalier noir. Le module ne le confirme que pour l’attaque du mois suivant, si le Zashassar n’est pas prévenu.
Azin. Aubergiste de l’Auberge de la Rivière. Ancien sergent de garnison à Kalat-Kara. Il a ouvert l’auberge il y a une dizaine d’années, avec ses deux fils, sa fille et sa femme, qui est du village. L’épouse tient les cuisines, aidée de sa fille et de deux serveuses. Le module ne nomme ni la femme, ni les enfants, ni les serveuses. Les fils s’occupent du magasin et des écuries. L’auberge a fait de Diyarbakir une halte pour les caravanes qui vont vers la forteresse noire.
Farid. Forgeron. Ancien compagnon d’armes d’Azin, retiré en même temps que lui. Il ferre, répare les roues, les outils, les armes et les armures.
Khalid. Menuisier de la scierie. Il coupe le bois pour Kalat-Kara, répare les véhicules et donne un coup de main aux fermes. Il a toujours vécu au village. Enfant, il traînait dans la tour. Il peut en décrire l’extérieur et la cave.
Les chasseurs. Le module ne les nomme pas. Ils confirment que la tour est toujours là, qu’il n’en reste plus grand-chose, et qu’ils évitent de s’en approcher. Les histoires racontées aux enfants, pour les éloigner des pierres qui tombent, ont fini par habiter les adultes. L’un d’eux peut dire qu’un ours noir a été éventré par une bête d’une force incroyable, et qu’on n’a vu autour que des traces d’ours.
Les ours-hiboux. Le module ne les nomme pas. Un couple s’est installé près du promontoire pour mettre bas, et défend le territoire. Au plus bas échelon, le mâle est seul et déjà blessé : il a livré un furieux combat à un ours noir quelques jours plus tôt. À l’échelon suivant, il est seul et indemne. Aux deux plus hauts, la femelle est là aussi. Elle reste en arrière et charge le premier qui passe devant la caverne. Il faut passer devant cette entrée pour atteindre le rosier. Dès que le mâle entend ou voit les personnages, il charge.
Résumé détaillé
Origines du mal et prélude
La rose impériale, rouge, était la fierté des empereurs baklunis. Elle ne poussait pas dans la nature. Les jardins ont péri dans la Dévastation Invoquée, et les rosiers avec eux. Une princesse aurait emporté des boutures pendant l’Exode. Elles ont pourri, sauf une, qu’elle a portée jusqu’aux Pinacles. Quelques années plus tard, on a trouvé un rosier en fleur dans une prairie d’Ekbir. Replanté dans la cité, il est mort sans descendance. Depuis, un plant reparaît de temps en temps dans les forêts, sans qu’on sache d’où il vient, et sans qu’on puisse le multiplier. Jabir Ibn Hayyan, au temps d’Oudmey, travaillait pour Hassim Doukkali à des philtres dont les pétales de cette rose étaient la pièce manquante. Une explosion a ravagé son laboratoire, ouvert un passage, et sûrement causé sa mort. Des méphites de suie en sont sortis. Ils n’occupent la cheminée qu’aux échelons au-dessus du plus bas.
La maison Doukkali est tombée en disgrâce un siècle après Oudmey, faute d’avoir reçu ces travaux. Hassan Mour vient de retrouver le journal et les comptes. Depuis quelque temps, Al Farouk et les siens rançonnent le Tashbayir et se servent de la tour comme cache. Le jour où les personnages arrivent, le chef est à Kalat-Kara. Près du promontoire, les ours-hiboux viennent de s’installer, et l’un d’eux a éventré un ours noir.
Arrivée et premier contact
Le repas s’achève dans une auberge de Fashtri. L’aubergiste, que le module ne nomme pas, offre une dernière tournée de la part d’un marchand, et pousse vers le salon : au pire un verre, au mieux la toile d’Istus. Hassan Mour s’y présente, parle du journal d’Hassim, de Jabir, du revers de fortune, et de la tour. Il prend les frais en charge. Après l’accord, il remet les extraits. En ville, on peut apprendre la disgrâce de la maison, le métier de Jabir, et l’histoire des fleurs de légende. Le temple d’Istus commence par l’isturiale, fleur noire et éphémère. Les temples de Xan Yaë et de Zuoken commencent par le xama. Celui de Boccob, qu’ils nomment aussi Al’Zarad, commence par le kilon. Les autres racontent la rose.
Hassan veut un départ rapide. La route mène à Diyarbakir, en fin de journée. Azin souhaite la bienvenue. Les chasseurs confirment que la tour tient encore, et qu’ils n’y vont pas. On entend aussi parler de l’ours éventré, de brigands qu’on rattache au Chevalier noir, d’un adepte de la Vraie Foi qui a voulu « soulager » un voyageur de son fardeau, et de l’homme en robe de bure. Khalid, qui a joué dans la tour enfant, peut en décrire l’extérieur et la cave. Le lendemain, quelques heures de ruisseau mènent au mamelon. Le module place l’arrivée en milieu d’après-midi, pour qu’ils y passent au moins une nuit.
La tour de l’alchimiste
La porte n’est pas d’époque. Elle a été rafistolée, et une pierre la bloque de l’intérieur. Les brigands restés sur place paniquent s’ils voient venir des gens au grand jour. Ils barricadent et tirent depuis les brèches. Leur nombre change avec l’échelon. En bas, la salle est à ciel ouvert, l’âtre ne tire plus, et l’escalier du nord-est descend à la cave. Là, paillasses, eau, table, balles de laine, jarres de miel, tonnelets de vin, et un coffre cerclé de fer. Un passage est caché dans la maçonnerie. On pousse les pierres l’une après l’autre jusqu’à celle qui ouvre. Il n’y a pas de mot. De l’autre côté, un anneau visible referme et verrouille. Si le signal de la lanterne n’est pas allumé le soir, Al Farouk, qui ne rentre que le lendemain, enverra un éclaireur et cherchera la surprise. S’il est allumé, il peut tomber dans un piège, puis se ressaisit.
Le laboratoire, douze mètres sur neuf, est noirci. Une explosion l’a couvert de cendre et de suie. Le matériel d’alchimie est encore en partie utilisable. Il y manque un ingrédient : les pétales de rose impériale. Remettre la pièce en état prend des heures, et un geste maladroit peut casser de quoi annuler l’avantage du laboratoire. À partir de l’échelon du milieu, des méphites de suie logent dans la cheminée : un, puis deux, puis quatre. Ils crachent un cône de particules, puis un nuage, et griffent. Au plus bas échelon, cette rencontre n’a pas lieu. Le bureau, plus humide, a perdu presque tous ses papiers. Un tiroir fermé à clé garde deux livres et la clé de la porte sud. L’un est le traité, volume III, De l’usage des essences de rose pour la décoction de philtres et potions de prestige. L’autre est le journal de bord. Les deux sont en ancien bakluni. La porte de l’est, bardée de fer, a sa clé quelque part sous la poussière. La porte sud ouvre des couloirs qui mènent près de la clairière.
La clairière du rosier
Les souterrains sortent dans une grotte, au flanc d’un talus. Le promontoire se trouve vite. Il faut passer devant la caverne des ours-hiboux pour atteindre le plant.
- Les glyphes. Gravés dans la roche, de gauche à droite et de haut en bas : clé, va, maison, privé, secret, voyage, plans d’existence, terre. Le module les fait identifier comme des signes d’arcane. Il ne dit pas qu’ils forment un mot de passe, ni qu’ils ouvrent quoi que ce soit.
- Les ours-hiboux. Le mâle charge dès qu’il voit ou entend. La femelle, aux deux échelons du dessus, garde l’entrée et charge le premier qui passe devant. Au plus bas échelon, le mâle est déjà blessé par son combat contre l’ours noir.
- Le rosier. Dans un renfoncement, des fleurs d’un rouge étincelant, et un parfum qui étourdit quelques minutes. Il n’y a pas de mot de passe. L’effet qui décide de la suite, ce sont ces pétales. Sans eux, la décoction de Jabir ne se fait pas. Une seule tentative les consume tous, qu’elle réussisse ou qu’elle rate. On annonce d’abord ce que l’on veut préparer : philtre d’amour, potion de charisme, ou potion de bagou.
Dénouement
Le retour se fait vers Fashtri. Plusieurs choix s’offrent, et ils ne se cumulent pas tous. Préparer les potions dans le laboratoire. Garder le traité, et ne remettre à la famille Doukkali qu’assez pour toucher la prime la plus basse, sans faveur. Donner l’ouvrage au Zashassar : chacun reçoit une faveur de l’école. Le remettre à la confrérie des alchimistes d’Ekbir : une faveur de la confrérie. Le remettre aux Doukkali : une prime plus haute, à la mesure de ce que le livre contient, et une faveur du Mouqollad au nom de la famille. Cette faveur et celle des alchimistes ne se cumulent pas. Si l’un des personnages garde le livre, il n’y a pas de faveur, sauf celle du Zashassar si les autorités ont été prévenues.
Si le livre va au Zashassar ou aux alchimistes, ou si un rapport est fait au Zashassar, au clergé de la Foi exaltée, au gouvernement, à une confrérie de cette foi, y compris de faris, ou à un amir, l’école sait tout. En moins d’une semaine, le village et le promontoire sont surveillés. Des gardes ne laissent passer que les gens du cru ou les personnes autorisées. Des gardiens magiques et des scrutations s’y ajoutent. Les rosiers, s’ils sont encore là, deviennent inaccessibles, même avec une faveur du Zashassar. Les personnages ne l’apprennent que s’ils retournent sur place. Si personne n’avertit le Zashassar par l’un de ces chemins, le mois suivant les bandits de l’Udgru, ceux du Chevalier noir, alliés à des sorciers de la secte de Fragorox, ravagent Diyarbakir. Le plant est pillé. La zone est fouillée. Il ne reste rien des rosiers.